Hillary Clinton à l'Université de Stanford (Californie), le 23 mars 2016.
Hillary Clinton à l'Université de Stanford (Californie), le 23 mars 2016. - Carolyn Kaster/AP/SIPA

Les attentats de Bruxelles continuent à alimenter la campagne présidentielle américaine. Après les propos controversés des candidats républicains Donald Trump et Ted Cruz, l'ex-secrétaire d'Etat et candidate démocrate Hillary Clinton a, dans un registre moins polémique, vivement critiqué les pays membres de l'Union européenne mercredi pour la désorganisation et les retards de leur réponse aux menaces djihadistes.

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«L'Amérique a besoin que les services de renseignement européens travaillent main dans la main avec les nôtres, y compris là où ils ont plus d'accès et d'expertise, comme en Afrique du Nord», a déclaré Hillary Clinton lors d'un discours sur l'antiterrorisme au ton solennel,

, en Californie (ouest).

«Partager le fardeau» avec les Etats-Unis

«Nous avons besoin que les banques européennes cessent de financer le terrorisme. Nous avons besoin que les avions européens mènent des missions en Irak et en Syrie, et que les forces spéciales européennes participent à la formation et à l'équipement des forces locales anti-EI (Etat islamique) sur le terrain», a-t-elle ajouté. En matière militaire, elle a appelé les Européens à «partager le fardeau» avec les Etats-Unis.

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Hillary Clinton a aussi déploré les failles qui permettent aux combattants de Daesh de revenir en Europe pour y commettre des attentats. «Nous devons connaître les identités de chaque combattant faisant ce voyage, et commencer à révoquer les passeports et les visas», a-t-elle déclaré, en appelant à une «bien meilleure coordination». «Aujourd'hui, de nombreux pays européens ne s'alertent pas entre eux quand ils arrêtent un suspect djihadiste à leur frontière, ou quand un passeport est volé», a-t-elle déploré.

«Identifier les quartiers, prisons et écoles où le recrutement se concentre»

Elle a bien noté la création en janvier, par l'organisation européenne de coordination policière Europol, d'un nouveau Centre européen antiterroriste, mais déploré que la coopération en renseignements reste à la traîne. «Et l'Union européenne ne cesse de repousser le vote pour partager les données des voyageurs aériens», a-t-elle noté en parlant du fichier PNR, le registre commun sur lequel les eurodéputés pourraient voter en avril, après des années de controverses.

Enfin, la démocrate a appelé les Européens à «identifier et investir dans les points chauds, les quartiers, prisons et écoles où le recrutement se concentre», et à enfin «tenir leur promesse d'établir une frontière européenne et des garde-côtes unifiés».

La prétendante à la Maison Blanche a aussi condamné les déclarations incendiaires de ses rivaux républicains Donald Trump et Ted Cruz. Elle a jugé «contreproductive» la proposition de ce dernier de patrouiller les quartiers musulmans et dénoncé la torture que Trump veut au contraire rétablir.

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