La radioactivité mesurée dans un centre d'hébergement de la région de Fukushima, le 24 mars 2011.
La radioactivité mesurée dans un centre d'hébergement de la région de Fukushima, le 24 mars 2011. - Wally Santana/AP/SIPA

Les conséquences sur la santé de l’accident de Fukushima seraient sous-estimées. Selon un rapport de deux ONG publié mercredi aux Etats-Unis, la catastrophe du 11 mars 2011 pourrait provoquer 10.000  cancers de plus dans la population japonaise en raison des radiations.

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L’étude de ces deux organisations de médecins qui militent contre l’énergie nucléaire, « Physicians for social responsability » (PSR) et « International Physicians for the Prevention of Nuclear War » (IPPN), indique s’appuyer sur les données scientifiques et médicales existantes portant sur les enfants, les personnels ayant participé au nettoyage et aux secours ainsi que sur la population en général.

Selon Tepco, une centaine d’employés devraient développer un cancer

Quelque 116 enfants dans la préfecture de Fukushima ont déjà été diagnostiqués d’une forme agressive ou généralisée de cancer de la thyroïde, selon ce rapport, qui affirme que dans une population de cette taille on enregistre normalement de un à cinq cas par an. Et parmi les personnels de décontamination et les sauveteurs, « plus de 25.000 ont subi les doses les plus élevées de radiations avec des risques importants pour leur santé », affirment ces ONG.

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Des données fournies par l’opérateur de la centrale, Tepco, prédisent qu’une centaine d’employés devraient développer un cancer en raison des doses excessives de radiations qu’ils ont subies et une cinquantaine de ces cas devraient être mortels. Mais selon le rapport, les doses pourraient même avoir été plus élevées et les données sur les personnels pourraient ne pas tenir compte des employés engagés temporairement.

« Les retombées vont hanter le Japon pendant des années »

Pour ce qui est de l’ensemble de la population au Japon, elle a été exposée à des doses accrues de radiations provenant de retombées radioactives mineures ainsi qu’à de l’eau et des aliments contaminés, estiment les auteurs. Ils ont calculé que cela se traduisait par un risque accru de cancers sur l’ensemble du Japon allant de 9.600 à 66.000 cas selon les doses de radioactivité.

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« Les retombées de santé publique de Fukushima vont hanter le Japon pendant des années et cet héritage ne doit pas être poussé sous le tapis par les partisans de l’énergie nucléaire », a estimé la Dr Catherine Thomasson, co-éditrice du rapport et directrice de Physicians for Social Responsibility.

Pour Robert Alvarez, un expert des politiques de l’énergie de l’Institute for Public Studies et ancien conseiller du Département américain de l’Energie, la catastrophe de Fukushima a créé « de facto des zones où l’habitation humaine n’est plus possible pendant longtemps ». En novembre 2011, le ministère japonais de la Science avait indiqué que le césium, qui reste radioactif durant une trentaine d’années, avait contaminé 30.000 km2 de terres au Japon, soit une superficie presque équivalente à celle de la région Paca.

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