La Belgique au bord de la crise de nerfs. Cela fait trois mois depuis hier que le royaume d'Albert II attend que les quatre partis sortis vainqueurs des urnes, le 10 juin dernier, se décident enfin à gouverner ensemble. Mais plus le temps passe, plus les positions semblent inconciliables. Et chaque semaine apporte son lot de sondages alarmistes. Le dernier en date, paru dans des journaux francophones et néerlandophones, établit que 43 % des Flamands sont favorables à l'indépendance. Du côté des Wallons, 88 % sont partisans d'une Belgique unie.
En renonçant à former un gouvernement, le 23 août dernier, le Flamand Yves Leterme a amorcé le détonateur de la bombe séparatiste. D'un côté, le cartel flamand CV&V/N-VA, qu'il dirige, et les libéraux de l'Open VLD, de l'ancien Premier ministre Guy Verhofstadt. De l'autre, les libéraux francophones du MR, emmenés par Didier Reynders, et le CDH. Au coeur de la discorde, une réforme constitutionnelle voulue par les Flamands qui risquerait ni plus ni moins de faire de la Belgique une confédération. Les Wallons s'y opposent. Histoire de jeter un peu plus d'huile sur le feu, ils revendiquent d'élargir la région de Bruxelles à quelques communes limitrophes, situées en Flandre. La raison ? Cela permettrait d'assurer une continuité territoriale entre Bruxelles et la Wallonie en cas de scission entre Nord et Sud. Bref, l'Etat belge, qui compte 10,5 millions d'habitants, semble quelque peu perdu. Hier, Le Soir, le quotidien francophone, s'est d'ailleurs permis ce titre angoissant : « Gai, gai, séparons-nous ? ».