Dans la nuit du 20 au 21 février 2016, un foyer de réfugiés est détruit par les flammes, à Bautzen, près de Dresde, en Allemagne.
Dans la nuit du 20 au 21 février 2016, un foyer de réfugiés est détruit par les flammes, à Bautzen, près de Dresde, en Allemagne. - Rico Loeb/AP/SIPA

Une vingtaine de personnes, certaines ivres, manifestant leur « joie » et lançant « des propos dédaigneux », selon la police, alors qu’un foyer de réfugiés est ravagé par les flammes… Cette scène, survenue à Bautzen, près de Dresde, en Allemagne, dans la nuit de samedi à dimanche, scandalise l’opinion outre-Rhin.

Trois personnes auraient aussi tenté de gêner l’intervention des pompiers et deux jeunes d’une vingtaine d’années, sous l’emprise de l’alcool, ont été brièvement interpellés pour s’être opposés aux forces de l’ordre. Si les dégâts sont importants, le sinistre n'a fait aucune victime.

Plusieurs ministres se sont émus ce dimanche de cet acte « répugnant », qui est intervenu quelques jours après les incidents de Clausnitz. Jeudi soir, dans cette ville située au sud de Dresde, une centaine de manifestants avaient hurlé « Rentrez chez vous ! », « Dehors ! » et « Nous sommes le peuple » à l’arrivée d’un bus de migrants. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent un policier saisir un réfugié adolescent par le cou pour le sortir sans ménagement du véhicule.

« Les racistes sont une honte pour notre pays »

« Il est totalement inacceptable que de gens venus chercher une protection contre les persécutions soient accueillis par la haine », s’est indigné Thomas de Maizière, le ministre de l’Intérieur allemand. « Ceux qui applaudissent pendant que des maisons brûlent, ceux qui effraient les réfugiés se comportent de façon atroce et répugnante », a renchéri sur Twitter le ministre de la Justice, Heiko Maas.

 

« Les racistes (…) sont une honte pour notre pays. Honte à vous ! », a tweeté Michael Roth, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes tandis que Aydan Özoguz, chargée des questions d’intégration au gouvernement, a jugé que « quelque chose ne va pas en Saxe [le länd dont Dresde est la capitale] ».

 

L’an passé, un millier d’attaques contre les foyers de réfugiés ont été recensées en Allemagne, dont un grand nombre en Saxe, où l’extrême droite est particulièrement bien implantée.

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