Des supporters d'Hillary Clinton, lors du caucus dans l'état du Nevada, le 20 février 2016.
Des supporters d'Hillary Clinton, lors du caucus dans l'état du Nevada, le 20 février 2016. - John Locher/AP/SIPA

Les électeurs républicains de Caroline du Sud et démocrates du Nevada étaient en train de se prononcer, ce samedi, pour les primaires présidentielles de leur parti, la troisième journée de consultation d’une surprenante course à la Maison Blanche.

Les bureaux de vote de la primaire républicaine de Caroline du Sud fermeront à 19h (1h à Paris), tandis que dans le Nevada, les démocrates ont ouvert les portes de leurs « caucus », des réunions de parti sans bulletin de vote, à 11h (20h à Paris).

Ces rassemblements parfois chaotiques pourront durer plusieurs heures selon l’affluence ; des centaines de personnes faisaient la queue à Las Vegas pour s’enregistrer ou s’inscrire sur les listes électorales, un processus fastidieux qui a empêché dans plusieurs bureaux, notamment au casino Caesars Palace, que les caucus démarrent à 12h locales comme initialement prévu.

>> A revivre : Cruz plus fort que Trump dans les Primaires américaines dans l’Iowa, Clinton et Sanders à égalité

Hillary Clinton et le sénateur du Vermont Bernie Sanders ont effectué une ultime visite dans la cantine des employés du casino Harrah’s à Las Vegas, à 20 minutes d’écart. C’est l’un des six hôtels du « Strip » où les salariés pourront participer à la consultation démocrate.

« J’ai besoin de votre aide ce matin, dans la salle de conférence à 11 heures », a répété Hillary Clinton, ovationnée par des employés, en majorité hispaniques, armés de téléphones portables pour prendre des photos.

Les résultats de cette journée électorale seront riches d’enseignements pour la suite des primaires, qui s’étaleront dans le reste des Etats jusqu’en juin, avant les investitures démocrate et républicaine pour la présidentielle de novembre.

De 17 candidats républicains au départ, ils n’étaient plus que six samedi. De nombreux républicains opposés à Donald Trump espèrent que les électeurs de Caroline du Sud procèderont à un nouvel écrémage pour faire émerger un homme capable d’unifier le camp anti-Trump.

Le milliardaire continuait à la veille de la primaire à dominer les sondages, à l’issue d’une semaine haute en couleurs, où les invectives ont fusé, l’homme d’affaires s’en prenant même au pape et à Apple. Une victoire nette consoliderait son statut de favori de l’investiture. « Nous sommes prêts à prendre un risque avec Trump », expliquait Lynn Derrick, dirigeant régional d’Oracle Corporation. « Il a réussi tout ce qu’il a touché ».

>> A lire aussi : Bernie Sanders, l’idole « socialiste » des jeunes à la primaire démocrate

La guerre a fait rage toute la semaine entre Donald Trump et le sénateur du Texas Ted Cruz, un ultra-conservateur chéri de la droite chrétienne. Vainqueur de l’Iowa, il compte sur une mobilisation des évangéliques, qui représentaient deux tiers des votants il y a quatre ans.

Ted Cruz s’est aussi fâché avec son collègue du Sénat Marco Rubio, qui fait jeu égal avec lui dans certains sondages. Le sénateur de Floride a accusé Ted Cruz de « désinformation » pour des tracts le comparant à Barack Obama, notamment sur l’immigration.

Derrière eux, l’ex-gouverneur de Floride Jeb Bush, le gouverneur de l’Ohio John Kasich et le médecin à la retraite Ben Carson espèrent une surprise ou du moins un résultat honorable pour justifier leur maintien en course.

Hillary Clinton doit quant à elle gagner, même de justesse, les « caucus » du Nevada pour redonner le moral à son camp, après sa déroute dans le New Hampshire contre Bernie Sanders, dont le message anti-élites et anti-Wall Street a soulevé la jeunesse démocrate.

C’est bien une question de dynamique et non d’arithmétique, car l’ex-secrétaire d’Etat mène largement la course des délégués requis pour l’investiture (481 contre 55, selon le New York Times, sur 2.382 nécessaires pour gagner), grâce aux « superdélégués », ces responsables du parti qui ne sont tenus par aucune primaire et auront le droit de vote à la convention de Philadelphie en juillet.

Son objectif est de contenir la vague Sanders avant qu’il ne soit trop tard.

Elle a battu Barack Obama en 2008 dans le Nevada et compte sur le soutien des communautés noire, hispanique et asiatique, qui représentent la moitié des habitants. Ses derniers discours se concentrent sur les discriminations économiques, sociales et racistes dont souffrent les minorités.

« Dans 10, 20 ou 30 ans, les gens se souviendront de ce qui s’est passé dans le Nevada et diront que c’est ici qu’a commencé la révolution politique », a lancé Bernie Sanders dans son dernier meeting vendredi soir, près de Las Vegas.

Les républicains organiseront leurs caucus du Nevada mardi. La primaire démocrate de Caroline du Sud aura lieu samedi prochain. Le « super mardi », le 1er mars, sera la grande échéance suivante. Onze Etats voteront, pour 18 % et 23 % des délégués aux investitures démocrate et républicaine, respectivement.

Mots-clés :

  • Aucun mot-clé