Un motocycliste paie son essence à Caracas, le 17 février 2016.
Un motocycliste paie son essence à Caracas, le 17 février 2016. - Fernando Llano/AP/SIPA

Le carburant était le moins cher du monde. Le président du Venezuela Nicolas Maduro s'est résolu, face à l'ampleur de la crise économique, à augmenter considérablement le prix de l'essence, une mesure très sensible dans ce pays pétrolier, et à dévaluer la monnaie nationale, le bolivar.

«C'est une mesure nécessaire, je l'assume», a déclaré mercredi le chef de l'Etat lors d'une allocution de plusieurs heures au cours de laquelle il a précisé que le nouveau prix pour l'essence super 95 serait de «6 bolivars» (0,6 dollar au nouveau taux) le litre, contre 0,01 dollar avant. Le prix de l'autre type d'essence, celle à l'indice d'octane de 91 appelée «normale», passera à 1 bolivar (0,1 dollar). La hausse de ce qui était le carburant le moins cher du monde est donc de 1.328,5% pour le «normal» et de 6.085% pour le «super».

Emeutes meurtrières

Cette mesure, reportée à plusieurs occasions par le président Maduro, est considérée comme un sujet ultra sensible, tant le souvenir du «Caracazo» reste vif. C'est le nom des émeutes meurtrières déclenchées en 1989 lorsque le gouvernement d'alors avait annoncé une hausse des prix à la pompe. Les prix des carburants étaient gelés depuis le milieu des années 1990 et aucun gouvernement n'avait osé briser ce tabou.

«J'appelle à la paix et au respect de ces décisions nécessaires. L'heure est venue d'installer un système qui garantisse l'accès aux hydrocarbures à des prix justes», a jugé le président Maduro. A la pompe mercredi soir, les automobilistes disaient comprendre cette mesure même s'ils redoutaient l'inflation qu'elle pourrait provoquer.

Richard Rodriguez, responsable d'une coopérative à Caracas, a déjà fait ses comptes : «Avant, je faisais mon plein avec un bolivar (0,10 dollar), désormais, ça va m'en coûter 60 (6 dollars). Cela va nous obliger à augmenter nos tarifs», pronostique-t-il. Nicolas Maduro a aussi annoncé une dévaluation de 37% de sa monnaie, le bolivar, lorsqu'il sera destiné à l'importation de biens de première nécessité (aliments, médicaments, etc.).

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