Des policiers turcs et des secours se rendent sur les lieux d'une puissante explosion dans la capitale Ankara, le 20 septembre 2011
Des policiers turcs et des secours se rendent sur les lieux d'une puissante explosion dans la capitale Ankara, le 20 septembre 2011 - ADEM ALTAN AFP

Une violente explosion s'est produite ce mercredi soir à Ankara, en Turquie. L'attentat à la voiture piégée, visant un convoi militaire, a fait au moins 28 morts et 61 blessés mercredi soir en plein centre de la capitale, dans un pays secoué depuis plusieurs mois par la violence djihadiste et la reprise du conflit kurde.

Selon le gouverneur de la capitale turque Mehmet Kiliçlar, cité par les médias locaux, cette attaque a visé des bus de l'armée près de la place Kizilay, où sont localisés de nombreux ministères, l'état-major des armées et le Parlement turc.

Très puissante, la déflagration a été entendue dans une large partie de la ville et a causé un début de panique parmi ses habitants, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les chaînes d'information turques ont montré des images d'un violent incendie qui a embrasé des véhicules militaires après la déflagration, entendue à plusieurs kilomètres à la ronde. De nombreuses ambulances ont été dépêchées sur place.

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Cet attentat n'a fait l'objet d'aucune revendication immédiate. Mais le président Recep Tayyip Erdogan a immédiatement promis de riposter. «Que l'on sache que la Turquie n'hésitera pas à recourir à tout moment, à tout endroit et en toute occasion à son droit à la légitime défense», a-t-il assuré dans un communiqué. «Nous n'avons encore aucune information sur les auteurs de cette attaque», a déclaré le vice-Premier ministre et porte-parole du gouvernement, Numan Kurtulmus devant la presse. Mais «les auteurs de cet attentat seront retrouvés», a-t-il assuré.

«Ceux qui ont perpétré et organisé cette attaque atroce qui a visé notre pays, notre grande nation et notre démocratie ne parviendront jamais à leur fin», a pour sa part promis le Premier ministre Ahmet Davutoglu dans une déclaration écrite.

Une réunion prévue jeudi à Bruxelles entre un groupe de 11 pays de l'UE dits «volontaires» pour se répartir davantage de réfugiés arrivant de Turquie a été annulée à la suite de l'attentat à Ankara. 

La Turquie est sur le qui-vive depuis une série d'attentats qui ont visé son territoire depuis l'été dernier, tous attribués par les autorités turques à Daesh. Le plus meurtrier, le 10 octobre dernier, avait tué 103 personnes devant la gare centrale d'Ankara alors qu'elles se rassemblaient pour participer à une manifestation.

500 rebelles syriens ont traversé la frontière turque

La tension est vive depuis plusieurs jours à la frontière turco-syrienne, où l'artillerie d'Ankara bombarde des positions tenues par les milices kurdes de Syrie, qui ont profité de l'offensive des forces du régime de Damas dans la province d'Alep (nord), appuyées par les raids aériens russes, pour prendre le contrôle de nouveaux territoires.

Mercredi, «sous la supervision des autorités turques», au moins 500 rebelles syriens ont traversé la frontière turque pour se rendre à Azaz dans la province d'Alep (nord de la Syrie) afin de «prêter main forte aux insurgés face à la progression des forces kurdes», a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

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