Manuel Valls à Munich, le 13 février 2016.
Manuel Valls à Munich, le 13 février 2016. - Matthias Schrader/AP/SIPA

«Nous ne pouvons pas accueillir plus de réfugiés», a répété à plusieurs reprises Manuel Valls en Allemagne. Le Premier ministre français a tracé samedi une ligne de fermeté de la France sur l'accueil des migrants en Europe, se disant défavorable à un mécanisme permanent défendu par la chancelière Angela Merkel et à aller plus loin que le quota français de 30.000 réfugiés.

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A quelques jours du sommet européen à Bruxelles du 18 et du 19 février, qui doit notamment se pencher sur l'afflux sans précédent depuis 1945 de migrants en Europe, le Premier ministre, en marge de sa visite à la conférence sur la sécurité de Munich, s'est dit plusieurs fois sceptique sur l'accueil de davantage de réfugiés.

«Maintenant, nous n'accueillons plus de réfugiés»

Sinon, a-t-il réaffirmé, la fin de Schengen menace et le retour des frontières intérieures de l'UE, «avec les conséquences économiques qu'on peut imaginer». «Je ne pense pas qu'il y ait aujourd'hui de majorité en Europe pour imposer un mécanisme permanent de relocalisation. Les solutions sont au Levant, en Turquie en Jordanie, en Méditerranée. Mais il faut un message très clair qui dise "maintenant, nous n'accueillons plus de réfugiés"», a insisté le chef du gouvernement français lors d'une rencontre avec la presse allemande.

Angela Merkel, qui cherche à établir «une coalition de volontaires» pour accueillir migrants et réfugiés -dont plus d'un million sont déjà arrivés en Allemagne-, a estimé vendredi qu'un groupe de pays de l'UE pourrait accepter de se répartir plus de réfugiés que ce qui est prévu jusqu'ici, en échange d'une lutte accrue de la Turquie contre la migration illégale.

«Quels pays vont accueillir plus de migrants?»

Manuel Valls a affiché son scepticisme, défendant les pistes françaises: centres d'enregistrement «hotspot» des migrants et garde-frontières européens. «Quels pays vont accueillir plus de migrants? La Suède, le Danemark, la Finlande, qui ont déjà beaucoup accueilli? Le Royaume Uni? Je ne vous fais pas un dessin... L'Italie, qui peut à tout moment être confrontée à une nouvelle vague venue de Libye?», a-t-il questionné.

Vendredi, dans une interview au groupe de presse régional allemand Funke, Manuel Valls avait considéré la politique d'ouverture aux réfugiés d'Angela Merkel «temporairement justifiée» mais «pas tenable dans la durée».  «Je suis très impressionné par la capacité du peuple allemand à accueillir (...) Je respecte profondément la décision prise il y a quelques mois par la chancelière d'ouvrir les frontières de l'Allemagne. Ca n'a pas été la position de la France. Mais chacun sait que la situation a profondément changé», a plaidé le Premier ministre.

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