Un drapeau suédois.
Un drapeau suédois. - Florian Prischl/Flickr

Presque au même moment que l'Assemblée nationale française, le Parlement suédois s'exprimait sur la déchéance de nationalité. Avec un résultat inverse. Les députés suédois ont repoussé mercredi une proposition de l'extrême droite pour déchoir de la nationalité suédoise tout personne condamnée pour un délit ou crime en lien avec le terrorisme.

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La proposition des Démocrates de Suède était un amendement à un projet de loi antiterroriste du gouvernement de gauche. Ce parti anti-immigration souhaitait introduire «la possibilité de retirer la nationalité suédoise à une personne condamnée pour un délit en lien avec le terrorisme (...) même si cela la rend apatride». Seuls les 45 députés de ce parti ont voté pour. Les autres parlementaires ont voté contre (236) ou se sont abstenus (16).

292 personnes ont quitté la Suède pour rejoindre Daesh

Le débat passionné qui agite la France depuis les attentats de novembre à Paris n'a pas eu d'équivalent en Suède. Dans ce pays, on ne perd sa nationalité que si on a fait de fausses déclarations ou corrompu un fonctionnaire pour être naturalisé.

La nouvelle loi punit notamment de deux ans de prison un départ vers l'étranger afin de participer à une entreprise terroriste, texte qui vise les candidats au voyage en Syrie. S'alignant avec la pratique dans de nombreux pays européens, la Suède comble ainsi un vide dans son code pénal. Sont aussi renforcées les peines pour divers délits en lien avec le terrorisme: six ans de prison pour avoir suivi un entraînement en vue d'un acte terroriste, deux ans pour le financement d'un groupe terroriste ou du voyage d'un tiers en vue de s'entraîner ou de commettre un acte terroriste.

Les services de renseignement (Säpo) ont identifié 292 personnes ayant quitté la Suède depuis 2013 pour rejoindre l'organisation État islamique en Syrie et en Irak, dont 133 sont revenues.

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