Laurent Fabius à Londres, le 4 février 2016.
Laurent Fabius à Londres, le 4 février 2016. - Matt Dunham/AP/SIPA

Avant de quitter le gouvernement, Laurent Fabius tire une dernière fois la sonnette d’alarme sur la Syrie. Le chef de la diplomatie française a dénoncé mercredi Moscou et Téhéran, « complices » des horreurs du régime de Bachar al-Assad mais aussi critiqué les « ambiguïtés » des Etats-Unis et leur manque d’engagement.

« Il y a à la fois une brutalité effrayante du régime de Bachar al-Assad (…) et, j’appelle les responsables par leur nom : il y a une complicité de la part de la Russie et de l’Iran », a déclaré Laurent Fabius devant les députés, en exigeant de nouveau l’arrêt des bombardements en Syrie, où le régime et son allié russe mènent une offensive sanglante dans le Nord.

« Bachar al-Assad s’est refait de la force »

Le ministre, dont le départ pour le Conseil constitutionnel a été annoncé mercredi matin, a également critiqué « un certain nombre d’ambiguïtés de la part de toute une série de partenaires », qu’il n’a pas nommés. Mais un peu plus tôt avec des journalistes, il s’était montré plus explicite. « Il y a des ambiguïtés (…) y compris dans les acteurs de la coalition. Je ne vais pas redire ce que j’ai souvent dit, en particulier sur le principal pilote de la coalition (les Etats-Unis), et d’autres aussi. Mais on n’a pas le sentiment que ce soit un engagement très fort », a déclaré Laurent Fabius.

« Evidemment, comme les Russes et les Iraniens sentent ça, ils ont compris. (…) Et Bachar al-Assad s’est refait de la force », a encore déclaré le chef sortant de la diplomatie française, pour lequel une solution politique en Syrie passe par le départ du président syrien.

Washington jugé trop conciliant avec Moscou

Washington dirige une coalition d’une soixantaine de pays contre les djihadistes de l’Etat islamique en Irak et en Syrie. Mais Paris, très engagé au côté de l'« opposition modérée » au régime d’Assad, juge depuis des semaines que Washington se montre trop conciliant avec Moscou qui soutient militairement Damas. Depuis dix jours, les forces pro régime, appuyées par un tapis de bombes russes, ont lancé une offensive majeure contre les rebelles dans la province d’Alep (nord).

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A Washington, le département d’Etat, dont le patron John Kerry a toujours affiché une bonne entente avec Laurent Fabius, a salué le ministre français, sans polémiquer : « Les Etats-Unis ont été très sensibles au leadership du ministre des Affaires étrangères Fabius sur un large éventail de priorités internationales », a dit sobrement le porte-parole Mark Toner. « La France est notre plus ancien allié et nous accordons la plus grande valeur à nos liens étroits », a-t-il ajouté, soulignant que Washington avait « hâte de travailler avec le successeur » de Laurent Fabius.

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