Des soldats français opèrent sur des missiles à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle, le 22 novembre 2015
Des soldats français opèrent sur des missiles à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle, le 22 novembre 2015 - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT AFP

En matière d'armes, l'Occident n'est plus ce qu'il était. Sa supériorité technologique « s’érode », notamment face à la Chine et la Russie, met en garde l’Institut international pour les études stratégiques (IISS). Dans son rapport annuel sur l’équilibre des forces armées dans le monde publié ce mardi, le prestigieux centre de réflexion basé à Londres pointe deux tendances fortes.

1. La prolifération des nouvelles technologies

« La première [tendance] est la prolifération de nouvelles technologies aux mains d’un certain nombre de pays et d’acteurs non-étatiques, ce qui réduit les écarts en matière d’armement à travers le monde », explique John Chipman, le directeur de l’IISS. Il donne ainsi l’exemple d’un groupe terroriste au Moyen-Orient, sans le citer, qui a « bénéficié du soutien de l’Etat iranien dans le développement d’engins explosifs improvisés », c’est-à-dire de mines ou bombes artisanales.

Parmi ces nouvelles technologies, issues aussi bien du secteur civil que militaire, figurent notamment les drones, mais aussi « la cybersécurité et les cyberarmes » qui permettent de déstabiliser un pays par des attaques virales. Selon lui, si lors des deux dernières décennies, « les pays occidentaux étaient les champions des nouvelles technologies » avec une avance nette sur les autres états et les acteurs non-gouvernementaux, « aujourd’hui, cette avance technologique se réduit ».

2. La Russie et la Chine modernisent leurs armées

La deuxième tendance est la décision de la Russie et de la Chine d’investir dans ces technologies pour «moderniser leurs forces armées», ce qui «remet en cause l’équilibre actuel des forces en Europe» et «dessine l’équilibre futur en Asie». Une situation bien comprise par les Etats-Unis, relève John Chipman, qui cite pour preuve le dernier budget de l’administration Obama, dévoilé ce mardi à Washington, qui prévoit de quadrupler à 3,4 milliards de dollars ses dépenses pour sa présence en Europe, en particulier orientale.

A contrario, l'IISS a estimé que le financement des forces armées et de l’armement en Europe demeurait « un défi » avec seulement « quatre des 26 membres européens de l’Otan qui ont respecté l’objectif de dépenser 2 % du PIB, les 22 autres ayant dépensé en moyenne 1,1 % de leur PIB pour la défense ». Il s’agit de la Grèce, de la Pologne, du Royaume-Uni et de l’Estonie.

 

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