DIPLOMATIE – Le président américain est arrivé lundi à la base aérienne al-Assad à l'ouest de Bagdad…
Le président américain George W. Bush a suggéré lundi, lors d'une visite surprise en Irak, que de récents progrès dans une des provinces les plus instables du pays, celle d'Al-Anbar (ouest), pouvaient y justifier une réduction des forces américaines.
Il a indiqué que ses conseillers considéraient que la sécurité dans cette province pouvait être assurée avec moins de troupes américaines, mais il n'a pas précisé l'importance, ni le calendrier d'une telle réduction.
En route pour le sommet de l'Apec, en Australie, le président américain
George W. Bush a fait un crochet par l'Irak. Il est arrivé lundi à la base aérienne al-Assad, à l'ouest de Bagdad, pour une visite surprise avant des décisions stratégiques attendues sur la suite du conflit. Il est accompagné de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et le conseiller national à la Sécurité Stephen Hadley.
«Réunion décisive»
«Il s'agit de la dernière grande rencontre des conseillers militaires du président et des dirigeants irakiens avant que le président ne décide de la marche à suivre» sur le conflit irakien, a dit un porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell.
«C'est une réunion décisive. Cette réunion va le rapprocher d'une décision s'il ne l'a pas déjà prise», a ajouté le porte-parole. Le président américain doit rencontrer en Irak le Premier ministre Nouri al-Maliki, des ministres de son gouvernement et des responsables tribaux. Cette visite intervient à moins de deux semaines de rapports officiels attendus sur la situation en Irak après quatre ans et demi de conflit.
Le général Petraeus et Ryan Crocker, l'ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, rendront compte les 10 et 12 septembre devant les deux chambres du Congrès de leur évaluation de la stratégie décidée en février par le président Bush pour mettre fin aux violences et aider à la stabilisation de l'Irak.
La Maison Blanche doit aussi rendre compte de la situation au Congrès le 15 septembre pour convaincre les parlementaires de continuer à financer la guerre. L'opposition démocrate majoritaire au Congrès américain cherche depuis des mois à obtenir un calendrier de retrait des soldats américains d'Irak. Mais Bush et les commandants américains ont demandé du temps pour évaluer les résultats de leur stratégie.
La stratégie de Bush en Irak est en jeu
C'est toute la stratégie du président Bush d'envoyer quelque 26.000 soldats supplémentaires en Irak qui est en jeu, après une guerre impopulaire qui a provoqué la mort de plus de 3.700 soldats américains et des dizaines de milliers de civils irakiens. Le président souhaiterait poursuivre cette stratégie de renforts qui, selon lui, a permis de réduire la violence en Irak au moins jusqu'au début de l'année prochaine, mais les démocrates devraient tenter à nouveau de le contraindre à faire revenir la majorité des troupes de combat d'ici mai.
La dernière visite du président Bush en Irak remontait à juin 2006. Après l'Irak, le président américain doit se rendre en Australie pour un sommet de l'APEC. L'arrivée du président américain coïncide avec
le retrait des soldats britanniques de leur dernière base dans la grande ville du sud de l'Irak, Bassorah, dans un contexte de tension entre Washington et ses alliés britanniques sur la politique à suivre en Irak.
Fin août, le Pentagone avait exprimé son «inquiétude» sur un prochain départ des Britanniques de Bassorah, où règne «quasiment une situation mafieuse» et où la sécurité est menacée par «des intérêts criminels».