MOYEN-ORIENT - Bassorah a été évacuée lundi matin, Londres entend jouer un rôle de «supervision» en dehors de la cité chiite...
Comme un symbole. Les soldats britanniques se sont retirés lundi de Bassorah, remettant le contrôle de la plus
grande ville du sud de l'Irak aux commandants irakiens.
Un contingent de 500 militaires britanniques a achevé avant l'aube son retrait du palais qui lui servait de quartier général dans la ville, a indiqué le général Mohan Fahed, commandant des opérations militaires. Les soldats se sont repliés vers une base aérienne fortifiée, à 25 km de Bassorah où ils ont rejoint 5.000 de leurs compatriotes qui assurent l'entraînement des forces irakiennes.
Un palais construit par Saddam Hussein
«Personne ne peut s'approcher sauf les personnes autorisées jusqu'à ce que le Premier ministre, Nouri al-Maliki, décide ce qu'il adviendra du palais», a précisé un responsable militaire.
L'élégant palais occupé par les Britanniques avait été construit par l'ancien président Saddam Hussein sur les rives du Chatt el-Arab, le bras d'eau qui marque la frontière entre l'Iran et l'Irak.
Deuxième ville d'Irak avec ses deux millions d'habitants, et principale voie d'exportation du pétrole irakien, Bassorah est le théâtre d'une violente rivalité entre les hommes du
chef radical chiite Moqtada Sadr, ceux du Conseil suprême islamique d'Irak (CSII) d'Abdel Aziz Hakim, et ceux du parti
Fadhila.
Un rôle de «supervision» pour les Britanniques
Un porte-parole du ministère britannique de la Défense a publié la veille un communiqué affirmant que «remettre le Palais de Bassorah aux autorités irakiennes est notre intention depuis longtemps, comme nous l'avons déclaré publiquement en de nombreuses occasions». «Les forces de sécurité irakiennes veulent prendre l'entière responsabilité de leur propre sécurité et la remise est un pas vers cet objectif».
Le nombre total de militaires britanniques en Irak doit passer de 5.500 à environ 5.000 d'ici la fin de l'année. Le Premier ministre Gordon Brown a récemment déclaré qu'après avoir cédé aux Irakiens le contrôle du palais de Bassorah, les troupes britanniques continueraient à jouer un rôle de «supervision» et à entraîner les forces irakiennes, et les assisteraient si nécessaire.