Des migrants et réfugiés devant l'office de la santé et des affaires sociales à Berlin, le 30 septembre 2015
Des migrants et réfugiés devant l'office de la santé et des affaires sociales à Berlin, le 30 septembre 2015 - Kay Nietfeld DPA

La police berlinoise a indiqué mercredi que la mort prétendue d’un demandeur d’asile syrien, annoncée par une association d’aide aux réfugiés qui l’avait attribuée aux piètres conditions d’accueil des migrants dans la capitale, avait été inventée de toutes pièces.

Le bénévole à l’origine de cette allégation « a avoué lors de son audition avoir intenté l’histoire de toutes pièces », a dit à l’AFP dans la soirée un porte-parole de la police, sans pouvoir expliquer ses motivations.

Indignation

Auparavant, un porte-parole du service municipal chargé de l’accueil des réfugiés avait déjà émis de sérieux doutes sur la véracité des faits rapportés par ce bénévole.

L’association d’aide aux candidats à l’asile « Moabit hilft ! » (« Moabit aide ! ») avait annoncé, sur la foi du témoignage de ce bénévole, qu’un Syrien de 24 ans était décédé d’un arrêt cardiaque dans un véhicule de secours dans la nuit de mardi à mercredi.

Il avait été contraint de patienter plusieurs jours dans le froid et la neige devant l’administration chargée de l’enregistrement des migrants (Lageso) à Berlin, avait affirmé à l’AFP Diana Henniges, porte-parole de l’association. L’annonce, relayée par tous les médias allemands, avait immédiatement suscité l’indignation.

Berlin montré du doigt

La ville de Berlin est montrée du doigt depuis des mois pour sa gestion calamiteuse de l’afflux de réfugiés, marquée notamment par de longues files d’attente dans un invraisemblable chaos et ce quelles que soient les conditions météorologiques.

« Moabit hilft ! » s’est basée pour son affirmation sur le témoignage de l’un de ses bénévoles, qui a indiqué avoir invité ce jeune réfugié, souffrant de fièvre, à passer la nuit chez lui.

Selon son récit, l’état de santé du migrant s’était détérioré dans la soirée, au point que les secours avaient été appelés. Le jeune homme, selon lui, était finalement mort pendant son transporté aux urgences.

« Moabit hilft ! », qui dénonce depuis des mois avec véhémence les manquements dans la prise en charge des demandeurs d’asile à Berlin, avait assuré que la mort de ce Syrien était une « conséquence directe des conditions d’attente au Lageso ».

Cette administration est au centre de toutes les critiques en Allemagne alors que ses employés sont débordés malgré les horaires à rallonge et des renforts de personnel.

Ses dirigeants y ont été accusés d’incurie au point que le responsable du Lageso a été poussé au départ en décembre par un maire de Berlin excédé.

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