Le convention républicaine de 2012, à Tampa, en Floride.
Le convention républicaine de 2012, à Tampa, en Floride. - J.C.HONG/AP/SIPA

Président des Etats-Unis est sans doute le job le plus important de la planète. Alors que l’Amérique votera le 8 novembre pour désigner un successeur à Barack Obama, le long processus de désignation des candidats démarre ce lundi, dans l’Iowa. Et ça ressemble parfois à une élection de délégué de classe.

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Le principe général

Le marathon dure cinq mois. Pour permettre aux candidats de faire campagne dans tout le pays, tout le monde ne vote pas en même temps. Les scrutins sont étalés entre février et juin, et les candidats remportent des délégués (des grands électeurs) dans chaque Etat. A la fin, on fait des comptes compliqués en incluant les reports de voix de ceux qui ont jeté l’éponge, et celui qui a remporté la majorité absolue est le champion du parti. Pour les républicains, le chiffre magique est 1 237 délégués. Pour les démocrates, c’est 2 383.

Primaire ou caucus ?

Il y a deux types de scrutins. Les primaires ressemblent à ce qui se fait en France, avec un vote dans l’isoloir à bulletin secret ou sur une machine. Le caucus est un processus archaïque en vigueur dans environ un tiers des Etats. Dans ces réunions publiques, des représentants des candidats ont l’occasion de faire un pitch pour convaincre les électeurs. Chez les démocrates, ils se rassemblent par groupes, comme des lemmings, et peuvent changer d’avis jusqu’à la dernière seconde. Avec le chaos, le comptage des voix est toujours contesté. A tel point que cette année, Microsoft a mis au point une app pour faciliter l’opération.

Pas toujours à la proportionnelle

Chez les démocrates, l’attribution des délégués se fait à la proportionnelle. C’est aussi le cas chez les républicains dans environ la moitié des Etats, surtout dans les premiers à voter, afin de ménager le suspense. Après la mi-mars, en revanche, certains scrutins passent au « winner takes all » : le vainqueur rafle toute la mise, ce qui permet de creuser des écarts, notamment avec la Floride et ses 99 délégués.

Super Tuesday, le 1er mars, jour le plus important

Une quinzaine d’Etat votent le même jour. Cela représente environ un quart du total des délégués en jeu. Cette année, c’est le 1er mars. Chez les démocrates, avec trois candidats, Hillary Clinton devrait prendre un avantage décisif. Chez les républicains, avec 11 personnes encore en lice, ce Super Tuesday devrait resserrer le peloton à un groupe de cinq ou six.

Les conventions, le rendez-vous de l’été

Les délégués se rassemblent pour le vote. La convention républicaine a lieu à Cleveland, dans l’Ohio, du 18 au 21 juillet. Il s’agit de l’Etat le plus important pour les conservateurs : lors de l’élection générale, aucun candidat républicain n’a conquis la Maison Blanche sans s’imposer en Ohio. Pour les démocrates, c’est du 25 au 28 juillet à Philadelphie en Pennsylvanie, un Etat quasi indispensable pour une victoire.

Et si personne n’a la majorité absolue ?

C’est une « brokered convention », une convention où le choix du champion est « négocié » après un joyeux étripage en famille. Lors du premier vote, les délégués doivent, à quelques exceptions près, suivre le verdict de leur Etat. Si personne n’obtient la majorité absolue, ils sont alors libérés et peuvent choisir n’importe quel candidat. Cela ne s’est pas produit depuis 1952 car en général, les outsiders finissent par s’unir derrière le leader pour préserver l’unité. Cette année, en cas de scénario indécis, les dirigeants du parti républicain pourraient, selon le Washington Post, organiser un coup d’Etat afin de placer un candidat plus modéré comme Marco Rubio ou Jeb Bush pour battre Donald Trump ou Ted Cruz.

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