Illustration de l'opéra de Sydney, en Australie.
Illustration de l'opéra de Sydney, en Australie. - Rob Griffith/AP/SIPA

A la veille d’Australia Day - fête nationale qui commémore l’arrivée de la flotte britannique à Sydney Cove en 1788 et la proclamation de la souveraineté britannique - ils se sont prononcés en faveur du remplacement du monarque britannique par un chef d’Etat australien.

Sept des huit chefs des Etats et territoires formant l’Australie ont en effet appelé lundi à l’avènement d’une république, l’un d’eux estimant même qu’il ne fallait pas attendre le décès de la reine Elizabeth II pour couper le cordon avec la monarchie britannique.

« L’aube d’un nouvel âge républicain pour l’Australie »

Le Premier ministre d’Australie-Occidentale, Colin Barnett, est le seul responsable d’Etat ou de territoire australien qui n’ait pas signé cette lettre, expliquant, tout en se disant favorable à la république, que le moment n’était pas le bon. La déclaration s’inscrit dans le cadre d’une campagne du Mouvement républicain australien (ARM).

Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull passe lui-même pour un fervent républicain. Il était entré en politique à la fin des années 1990 en militant pour que l’Australie devienne une république, ce qui avait été rejeté par référendum en 1999.

« Tous les responsables politiques australiens soutiennent désormais le principe d’un chef de l’Etat australien », s’est réjoui sur l’Australian Broadcasting Corporation le chef de l’ARM, Peter FitzSimons.

« Jamais par le passé les étoiles de la Croix du Sud n’avaient été si bien alignées pour annoncer l’aube d’un nouvel âge républicain pour l’Australie », a-t-il poursuivi en référence à la constellation qui figure sur le drapeau national.

Malcolm Turnbull a de son côté fait savoir que le changement de régime n’était pas une priorité immédiate. Il a par le passé laissé entendre qu’un nouveau référendum attendrait l’avènement d’un nouveau souverain en Grande-Bretagne.

La « marque absolue de respect » serait qu’Elizabeth préside au changement

Mais pour le Premier ministre d’Australie-Méridionale, Jay Weatherill, la « marque absolue de respect » serait qu’Elizabeth préside elle-même au changement de régime. « C’est quelque chose qu’elle pourrait faire, avec l’élégance et l’expertise dont elle a toujours fait preuve dans sa relation à l’Australie en tant que souverain », a-t-il dit.

Bien que le pouvoir de la Couronne en Australie soit essentiellement cérémonial, la monarchie est pour certains Australiens un anachronisme, ce qui n’enlève rien à la très grande popularité d’Elizabeth II sur le continent.

En 2014, un sondage conduit par Nielsen pour le groupe de média Fairfax, auprès de 1.400 personnes, assurait toutefois que le soutien à l’instauration d’une république en Australie était à son plus bas depuis vingt ans. Quelque 42 % des personnes interrogées se prononçaient en faveur d’une république, alors que 51 % pronaient le statu quo.

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