La photographe franco marocaine Leïla Alaoui.
La photographe franco marocaine Leïla Alaoui. - Instagram.com/leilaalaoui
Lancer le diaporama

Elle a finalement succombé à ses blessures. La photographe et vidéaste franco marocaine Leïla Alaoui, qui avait été grièvement blessée dans l’attentat de Ouagadougou, est décédée lundi soir, d’un arrêt cardiaque.

La jeune femme avait été blessée par balles alors qu’elle se trouvait à la terrasse du café-restaurant Cappuccino, quand des djihadistes du groupe islamiste Al-Mourabitoune ont ouvert le feu, tuant 30 personnes -dont trois Français- dans l’hôtel Splendid voisin. Le chauffeur burkinabé qui l’accompagnait a été tué à ses côtés.

Reconnue dans son milieu professionnel

Née en 1982 à Paris d’une mère Française et d’un père Marocain, Leïla Alaoui a fait ses études secondaires à Marrakech, avant de suivre des études en sociologie et photographie documentaire à l’université de New York. Après avoir voyagé en Europe et en Amérique, elle s’était réinstallée au Maroc en 2008, mais vivait une partie de l’année en France et au Liban.

Son travail a été exposé à New York, Dubaï ou encore à l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris. Leïla Alaoui se trouvait dans la capitale du Burkina Faso depuis le 11 janvier, dans le cadre d’un reportage pour Amnesty International, comme elle l’avait annoncé sur sa page Facebook.

Off to Burkina Faso !

Posted by Leila Alaoui on Sunday, January 10, 2016

La photographe travaillait avec l’ONG sur un projet intitulé « Mon corps : mes droits », une campagne d’information sur le mariage précoce au Burkina Faso et au Mali, comme l’a expliqué à France 24 la directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Samira Daoud.

Un rapport ainsi qu’une exposition de ses photos devaient être présentés au public en avril prochain. « Leila avait déjà envoyé de très bons clichés », assure Samira Daoud, qui souligne que la photographe, « parfaite pour ce travail » avait initié une série de portraits de jeunes filles, « sans les victimiser mais au contraire pour leur rendre hommage ».

« Archive visuelle »

Leïla Alaoui s’était distinguée pour sa série Les Marocains, inspirée par The Americans de Robert Frank et In the American West de Richard Avedon, proposant des portraits de passants en tenue traditionnelle, pris sur le vif et réalisés dans un studio mobile transporté à travers le Maroc rural « afin de photographier des femmes et des hommes appartenant à différents groupes ethniques, Berbères comme Arabes ».

« Ce projet, toujours en cours, constitue une archive visuelle des traditions et des univers esthétiques marocains qui tendent à disparaître sous les effets de la mondialisation, » expliquait-elle sur son site Internet. Cette série faisait d’ailleurs partie de l’exposition qui lui était consacrée jusqu’à dimanche dernier à la Maison européenne de la photographie.

Mots-clés :