L'hôtel Splendid, à Ouagadougou (Burkina Faso), a été visé par une attaque terroriste le 15 janvier 2016, revendiquée par le groupe djihadiste Aqmi.
L'hôtel Splendid, à Ouagadougou (Burkina Faso), a été visé par une attaque terroriste le 15 janvier 2016, revendiquée par le groupe djihadiste Aqmi. - ISSOUF SANOGO / AFP

Dix morts à Istanbul le 12 janvier, deux à Djakarta le 14, au moins 29 à Ouagadougou le 15… L’année 2016 vient à peine de commencer, mais le bilan des attaques terroristes revendiquées par des organisations djihadistes est déjà lourd, avec au moins 144 victimes, et ce après une année 2015 particulièrement sanglante. 20 Minutes dresse un aperçu des points chauds du terrorisme djihadiste.

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Les « pays musulmans en première ligne »

Exception faite de l’Amérique du Sud, tous les continents ont été visés en 2014 ou en 2015 par des attaques djihadistes, soit sur leur sol, soit contre leurs intérêts à l’étranger. Les pays musulmans sont en première ligne. « L’objectif prioritaire d’Al-Qaida comme de l’EI est la reconquête des pays musulmans, précise Alain Rodier, directeur de recherche chargé du terrorisme et de la criminalité organisée au Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Ces pays sont les premières cibles des djihadistes ».

En effet, entre juin 2014 et novembre 2015, les pays où les attentats de Daesh ont fait le plus de victimes sont d’abord l’Egypte (289), le Nigeria (272) et le Yemen (250), selon des chiffres compilés par Le Monde.

Rivalité entre Daesh et Al Qaida

L’année 2015 et le début de l’année 2016 ont également vu les groupes djihadistes étendre leurs zones d’opérations. Ainsi, Ouagadougou, la capitale burkinabè, a connu le 15 janvier dernier sa première attaque djihadiste, revendiquée par Aqmi et Al-Mourabitoune. Pour Mathieu Guidère, professeur des universités et spécialiste du monde arabe, cet attentat et celui de Bamako en novembre 2015 sont les signes d’un regain d’Al-Qaida, donné pour presque moribond face à l’expansion de Daesh, qui a « aspiré les combattants » de sa rivale, et en a tué environ 3.000, selon le chercheur. L’affaiblissement du groupe d’Abu Bakr Al-Baghdadi a en quelque sorte « ressuscité » Al-Qaida, affirme-t-il. « Ce sont des vases communiquants ».

Des attaques en Afrique, dans la péninsule arabique et en Asie

Toujours sur le continent africain, au Nigéria, le groupe Boko Haram, qui a prêté allégeance à Daesh, multiplie les attaques contre des civils, et étend ses opérations dans les pays voisins, au Tchad, au Niger et au Cameroun. La Libye et la Tunisie sont aussi le théâtre d’attentats sanglants.

L’Asie n’est pas épargnée. L’Indonésie, pays comptant la population musulmane la plus importante au monde (avec près de 205 millions de personnes selon le Pew Research Center), a été frappée par Daesh, qui a revendiqué l’attentat du 14 janvier dernier à Djakarta.
La Turquie, au carrefour entre le Moyen-Orient et l’Europe, est particulièrement exposée. Le pays est régulièrement visé par des attentats meurtriers, attribués par Ankara à Daesh, qui n’a toutefois revendiqué aucun attentat sur le sol turc. « Proche du centre opérationnel de l’EI », le pays est de fait une cible « facile » pour l’organisation, estime Alain Rodier.

L’Europe face à une menace accrue

La Grande-Bretagne était jusqu’en 2014 le pays occidental ayant connu le plus d’attaques terroristes. Mais les attentats de janvier et novembre 2015 ont fait de la France le pays occidental le plus meurtri par le djihadisme. Et les autorités européennes redoutent de nouvelles attaques coordonnées. 

Les attentats en Occident ne sont pas la priorité des groupes djihadistes, juge toutefois Mathieu Guidère. Ils leur assurent néanmoins une certaine publicité, d’où une « course à l’attentat » entre Al-Qaida et Daesh, qui « coordonnent des commandos extérieurs ou suscitent des attaques de loups solitaires », poursuit Alain Rodier.

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