Une attaque revendiquée par Aqmi s'est produite à Ouagadougou, au Burkina Faso, le 15 janvier 2016.
Une attaque revendiquée par Aqmi s'est produite à Ouagadougou, au Burkina Faso, le 15 janvier 2016. - AHMED OUOBA / AFP

Il aura donc fallu attendre 2016 pour voir le Burkina Faso gagné lui aussi par la vague d’attentats djihadistes qui touche l’Afrique depuis plusieurs années. Ce petit pays d’Afrique de l’Ouest faisait jusqu’à présent figure d’enclave, dans un paysage sahélien gangrené par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et ses différentes filiales.

L’attaque qui a touché Ouagadougou dans la nuit de vendredi à samedi, revendiquée par le groupe de Mokhtar Belmokhtar - affilié à Aqmi- si elle est la première, n’aura surpris personne. La position géographique du Burkina, limitrophe à la fois du Mali et du Niger, où Aqmi est particulièrement actif, en fait une cible facile. Les zones frontalières entre les Etats, en plein milieu du Sahel, sont très difficiles à surveiller et sont parcourues, notamment depuis le début de la crise libyenne, par des bandes armées.

Un contexte politique incertain

La démission le 31 octobre 2014 de l’ancien président, Blaise Compaoré, à la suite d’un soulèvement populaire et les troubles qu’a connu le pays depuis, ont sonné le glas de la sécurité burkinabè. Très connu pour son rôle de médiateur dans les diverses crises régionales y compris dans la négociation de libération d’otages, Blaise Compaoré a laissé derrière lui une situation difficile.

Le nouveau chef d’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, fraîchement élu fin novembre 2015, n’a pas eu le temps de mettre en place une politique qui lui permette d’empêcher les djihadistes de frapper son territoire. Aqmi n’a donc pas agi au hasard, en ciblant le Burkina aussi rapidement après l’élection présidentielle. Mais l’instabilité politique du Burkina qui a affaibli ses forces de sécurité, n’est pas la seule explication à l’attentat de Ouagadougou. Les cibles de l’attaque, des hôtels et un restaurant très fréquentés par les Occidentaux, démontrent que les intérêts étrangers étaient clairement visés.

Un allié de la France

Un message diffusé par Aqmi ce samedi indique que la France était particulièrement ciblée. L’Hexagone, qui a été désigné comme la cible principale d’Aqmi en Afrique, est très présente au Burkina, dont les soldats participent à l’opération Barkhane, pour lutter contre les djihadistes au Sahel. Des militaires burkinabè ont ainsi été déployés au Mali. Le Burkina sert également de point d’appui à l’armée française dans la région.

Pas étonnant donc, que l’enregistrement de revendication d’Aqmi affirme agir « pour venger le Prophète », une allusion très claire à Charlie Hebdo, et se termine par des menaces envers la France.

 

L’attentat de Ouagadougou intervient deux mois après celui de Bamako, au Mali, le 20 novembre dernier, revendiqué à la fois par Mokhtar Belmokhtar et par le Front de libération du Macina (FLM, mouvement djihadiste malien). De quoi s’interroger sur l’avancée de l’opération Barkhane.

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