Des réfugiés devant l'entrée d'un centre d'accueil près de Kirkenes, en Norvège, le 12 novembre 2015.
Des réfugiés devant l'entrée d'un centre d'accueil près de Kirkenes, en Norvège, le 12 novembre 2015. - AFP PHOTO / JONATHAN NACKSTRAND

A la suite de la vague d’agressions sexuelles et de vols lors du Nouvel An à Cologne (Allemagne), attribuées en grande partie à des migrants, le débat sur la coexistence avec les réfugiés continue de faire rage en Allemagne comme dans de nombreux pays européens. Pour faciliter l’intégration de ceux-ci, différentes initiatives visent à leur apprendre les normes socioculturelles en vigueur en Europe. Passage en revue.

La Norvège, pionnière des « cours » pour bien se comporter avec les femmes

Pays précurseur en la matière, la Norvège a mis en place ces « cours » après une « vague de viols » impliquant le plus souvent des étrangers à Stavanger, en 2009, rapporte le New York Times. Objectif : aider les demandeurs d’asile à trouver leurs repères dans un pays dont non seulement la langue ou la géographie, mais aussi les mœurs, leurs sont étrangères.

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Basées sur le volontariat et financés par le gouvernement norvégien, ces formations s’inscrivent dans un programme d’introduction à la Norvège imposé par les autorités. Les participants peuvent y exposer les scènes de la vie quotidienne qui les ont surpris ou interpellés via des groupes de dialogue où sont abordés les codes socio-culturels, l’égalité homme-femme, etc. Les élèves reçoivent également un manuel leur expliquant les lois en vigueur dans le pays.

La Belgique va suivre

Le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration belge, Theo Francken (N-VA), a annoncé jeudi que des cours sur la manière de se comporter avec les femmes et de les respecter sont prévus « dans les prochaines semaines dans tous les centres d’accueil » outre-Quiévrain. « Nous allons copier le modèle norvégien et introduire ces cours dans les prochaines semaines dans tous nos centres d’accueil », a expliqué le membre du parti nationaliste flamand, soulignant que « cela se fait déjà çà et là ». Ces, cours qui pourraient aborder plus largement les valeurs européennes ou encore les règles de comportement, seront obligatoires pour les migrants non-Européens.

L’initiative n’a pas suscité l’enthousiasme de la ministre des Droits des femmes et de l’Egalité des chances dans la partie francophone de Belgique, la socialiste Isabelle Simonis qui parle de « racisme à peine déguisé ».

Le Danemark débat sur des cours d’éducation sexuelle obligatoire

Depuis fin octobre, et le viol d’une Erythréenne par trois réfugiés sur son sol, le Danemark s’interroge sur la pertinence d’inclure un module concernant les relations sexuelles consenties à ses cours de danois à destination des demandeurs d’asile. Une majorité de parlementaires s’était prononcée en faveur de cette importation du modèle norvégien. « Si ce qu’ils ont fait en Norvège fonctionne, nous devrions simplement le copier », avait expliqué le porte-parole du Danish People’s Party (DF) à Metroxpress.

L’Autriche s’appuie sur des brochures

Mi-décembre, l’Autriche a commencé à diffuser des brochures à destination des migrants les informant des règles en vigueur dans le pays. En matière d’égalité, elles rappellent ainsi que « les femmes et les hommes ont les mêmes droits en Autriche », ou qu’« en Autriche, une femme peut décider si et avec qui se marier ».

En Allemagne, des initiatives singulières

Le New York Times souligne que des cours de comportement sont expérimentés dans un centre pour adolescents migrants bavarois. En octobre, les « conseils » de Volker Rohm, maire de Hardheim (Bade-Wurtemberg) pour aider les migrants à s’intégrer a fait les gros titres, ces préconisations allant de l’apprentissage de la langue à celui de la propreté en passant par le respect de la propriété privée et des personnes, les jeunes filles étant « incommodées qu’on leur demande leur numéro de téléphone » et ne voulant « se marier avec personne. »

Le quotidien Bild avait à la même période publié une édition entièrement en arabe, où les articles de la Loi fondamentale étaient inscrits, et expliquant pourquoi ils sont dans le pays supérieurs aux textes religieux.

L’apprentissage global à la française

Les nombreuses associations et ONG qui interviennent auprès des migrants ont indiqué à 20 Minutes qu’aucun cours spécifique pour apprendre les bons comportements vis-à-vis des femmes n’était dispensé. Mais, Pierre Henry, directeur général de France terre d'asile, a souligné que « ce travail se fait bien évidemment aussi ici, mais par petites touches, en l’intégrant dans la transmission des valeurs de la République ».

« Il s’agit d’expliquer en permanence au sein des formations, quand on met des hommes et des femmes dans une même classe par exemple, les codes culturels en vigueur, pour qu’ils sachent que ces règles ne doivent pas être transgressées », continue-t-il, prenant l’exemple de la bise pour se saluer, « un geste qui peut nous paraître anodin, mais qui est un code culturel à expliquer à ceux qui ne l’ont pas ».

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