La Suissesse Béatrice Stockly en avril 2012, après son premier enlèvement au Mali.
La Suissesse Béatrice Stockly en avril 2012, après son premier enlèvement au Mali. - ROMARIC OLLO HIEN / AFP

La piste djihadiste se précisait dimanche dans l'enquête sur l'enlèvement d'une Suissesse à Tombouctou, dans le nord-ouest du Mali, où les autorités reconnaissaient n'avoir aucune information sur son sort.

«L'enlèvement de la ressortissante suisse a été minutieusement préparé», a indiqué à l'AFP une source de sécurité à Tombouctou au sujet du rapt de Béatrice Stockly, une femme d'une quarantaine d'années qui revendique sa foi chrétienne et qui est très impliquée dans les actions sociales. Il s'agit du premier enlèvement d'un Occidental au Mali depuis celui de deux journalistes de la radio RFI, assassinés par leurs ravisseurs le 2 novembre 2013 à Kidal (nord-est).

«Des sous-traitants d'Aqmi»

«Nous savons maintenant que, dans un premier temps, ce sont des sous-traitants d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui ont mené l'opération», a affirmé cette source, jugeant «fort probable que l'otage soit restée la nuit un moment à Tombouctou, avant d'être sortie habilement de Tombouctou le matin».

«On n'a pas de nouvelles depuis l'enlèvement», a répondu de son côté le procureur Samaké, interrogé sur son sort, faisant état de l'ouverture d'une enquête pour enlèvement en attendant de pouvoir «confirmer qu'il s'agit d'un enlèvement de personne ou d'une prise d'otage en relation avec une entreprise terroriste».

La Suissesse vivait depuis plusieurs années à Tombouctou, où elle était retournée s'installer après avoir déjà été victime d'un rapt par des djihadistes en avril 2012. Ce nouvel enlèvement n'a pas été revendiqué mais la piste djihadiste est privilégiée, avait affirmé vendredi à l'AFP une source militaire malienne, selon laquelle «pour les auteurs, il n'y pas de doute, ce sont les terroristes djihadistes».

Aqmi dissuade d'«utiliser le gouvernement français comme médiateur»

En 2012, Béatrice Stockly avait été libérée au bout d'une dizaine de jours à la suite d'une médiation du Burkina Faso. Elle avait été relâchée par le groupe islamiste Ansar Dine du Touareg malien Iyad Ag Ghaly, qui contrôlait alors la cité historique de Tombouctou, qu'elle avait refusé de quitter. Selon un porte-parole du groupe djihadiste à Tombouctou à l'époque, «la seule condition que nous avons posée est qu'elle ne revienne plus chez nous». «Elle profite de la pauvreté et de l'ignorance de nos enfants», avait-il affirmé.

Des nombreux étrangers enlevés ces dernières années au Mali par des groupes djihadistes, seuls deux restaient officiellement en captivité jusqu'alors : un Sud-Africain et un Suédois, retenus par Aqmi depuis leur rapt à Tombouctou le 25 novembre 2011. Dans une vidéo mise en ligne samedi et présentée comme ayant été tournée le 17 décembre, Aqmi presse les gouvernements suédois et sud-africain d'accéder à ses revendications pour obtenir leur libération et s'inquiète de la possible «interférence d'une tierce partie», les dissuadant d'«utiliser le gouvernement français comme médiateur».

«Les revendications des moujahidine sont valides et justes. Il s'agit des mêmes revendications que le gouvernement français a acceptées pour sauver ses fils», assure un combattant encagoulé drapé dans le drapeau d'Aqmi, avec les deux otages, d'après les sites internet spécialisés Al-Akbar et SITE.

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