La chancelière allemande Angela Merkel, le 7 janvier 2016 à Berlin.
La chancelière allemande Angela Merkel, le 7 janvier 2016 à Berlin. - Michael Sohn/AP/SIPA

La ville allemande de Cologne est au centre de l’attention depuis la nuit de la Saint-Sylvestre, durant laquelle des centaines de femmes ont été agressées sexuellement. Angela Merkel a annoncé samedi un net durcissement des règles d'expulsion des réfugiés condamnés par la justice après ces violences.

La police locale a relevé le chiffre des agressions: 379 plaintes sont désormais recensées au total, dont 40% à caractère sexuel, contre 170 dans le précédent pointage officiel. La police de Cologne, dont le chef a été limogé vendredi, a précisé que les suspects étaient «en grande partie» des réfugiés ou des immigrants illégaux originaires de pays d' «Afrique du Nord».

Changement de ligne pour la chancelière

Autre information potentiellement embarrassante pour les autorités allemandes dans le contexte actuel: La police judiciaire a indiqué samedi soir que l'homme tué jeudi après avoir tenté d'attaquer un commissariat parisien vivait «dans un foyer de demandeurs d'asile» dans l'ouest de l'Allemagne, que la police a perquisitionné samedi.

L'ampleur des agressions à Cologne contraint la chancelière allemande à infléchir le cours de sa politique d'ouverture aux réfugiés. Celle-ci est de plus en plus décriée dans l'opinion.

«Justice rapide et lourdes peines»

Pour Angela Merkel, «si les réfugiés ont commis un délit», cela doit «avoir des conséquences, (...) cela veut dire que le droit (de séjour) doit s'arrêter» et ce «s'il y a une peine de réclusion, même avec sursis», a-t-elle dit samedi. «Il est important que là où la loi n'est pas suffisante, elle soit modifiée», a affirméla chancelière allemande, y voyant là aussi «l'intérêt de la grande majorité des réfugiés».

Pour l'heure, en vertu de la loi allemande, l'expulsion d'un demandeur d'asile n'a lieu qu'après une condamnation à au moins trois ans de prison, et à la condition que sa vie ou sa santé ne soient pas menacées dans son pays d'origine. Le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière a promis de légiférer «rapidement».

«Il faut tout faire pour que les événements de Cologne ne puissent pas se reproduire et cela implique de la prévention, davantage de vidéo-surveillance sur les places publiques, de la présence policière dans la rue, une justice rapide et de lourdes peines», a-t-il dit au quotidien FAZ paru dimanche.

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