Sean Penn le 9 janvier 2016.
Sean Penn le 9 janvier 2016. - Variety/Shutterstock/SIPA

Une évasion rocambolesque à moto dans un tunnel, une capture six mois plus tard sans doute due à ses ambitions cinématographiques, et à présent une interview en pleine jungle avec Sean Penn : la vie du Mexicain Joaquin Guzman, alias « El Chapo », est décidément placée sous le signe d’Hollywood.

Quelques heures seulement après la capture du narcotrafiquant le plus recherché du monde, le magazine Rolling Stone publie samedi une interview réalisée par l’acteur américain pendant la cavale de El Chapo, évadé de prison en juillet dernier. L’entretien, écrit le magazine, a été réalisé en plusieurs fois, par téléphone, par vidéo, et au cours d’une rencontre de sept heures dans une clairière en pleine jungle mexicaine, au milieu d’une centaine de narcotrafiquants armés jusqu’aux dents.

Les ingénieurs qui ont creusé son tunnel sont allés se former en Allemagne

Lors de l’entrevue, Sean Penn est en compagnie de l’actrice mexicaine Kate del Castillo, qui a servi d’intermédiaire pour contacter le baron de la drogue. Celui-ci évoque son enfance pauvre, sa flotte de sous-marins, d’avions et de bateaux et sa fortune estimée à un milliard de dollars. Guzman affirme ne pas se considérer comme un homme violent. « Tout ce que je fais, c’est me défendre, rien d’autre ».

L’interview, la première accordée par le trafiquant depuis plusieurs décennies, met encore un peu plus à mal le gouvernement mexicain, dont la crédibilité a déjà été entamée par les deux évasions de El Chapo, même si les autorités se sont empressées de déclarer que cette rencontre faisait partie des éléments qui avaient conduit à l'arrestation du criminel. On apprend notamment dans l'article de Rolling Stone que le cartel était informé des opérations de recherche de l’armée par une source « interne ».

Au sujet de son évasion de juillet par un tunnel dont la construction aurait pris un an et coûté un million de dollars, Guzman révèle que les ingénieurs qui l’ont creusé sont allés spécialement se former en Allemagne, ou encore que la moto montée sur rails qui s’y trouvait a été modifiée pour s’adapter à l’environnement souterrain pauvre en oxygène.

Sean Penn, qui raconte les précautions technologiques prises pour ne pas être repéré, les téléphones portables à usage unique, les emails anonymes, les échanges dans les brouillons des messages, a aussi interrogé le trafiquant sur la prime de 100 millions de dollars que celui-ci aurait promis pour la tête de Donald Trump, après les propos du candidat républicain sur les Mexicains. « Ah ! Mi amigo ! », aurait répondu Guzman. Conscient de la fin d’un autre trafiquant de drogue célèbre, Pablo Escobar, abattu par la police, El Chapo lâche : « Je sais que je mourrai un jour. J’espère que ce sera de causes naturelles. »

Mots-clés :