BELGIQUE - La sortie de crise entre les mains du souverain...
Comment s’en sortir ? Voilà une question qui a dû tarauder Albert II, le roi des Belges rentré précipitamment de vacances,
alors qu’Yves Leterme jetait l’éponge.
L’échec des discussions entre Flamands et Wallons vainqueurs des dernières élections remet le roi au centre de l’échiquier. A charge pour lui de trouver une solution à la crise politique grave que traverse son pays.
Albert II a d’ailleurs peut-être déjà trouvé une solution. Après avoir reçu Yves Leterme, il a discuté pendant plus de trois heures avec
Didier Reynders, le chef de file des libéraux francophones, le ministre des Finances sortant, sans qu’aucune information ne filtre de ces discussions.
«Sages»
L’alternative du roi est simple: soit il continue à consulter, ce qui retarde d’autant toute prise de décisions,
soit il nomme un ou plusieurs «sages» chargés de désamorcer la crise.
Autre solution, encore plus radicale, nommer un nouveau «formateur» qui devrait composer un gouvernement.
Yves Leterme, grand vainqueur des élections du 10 juin (au moins en Flandre), était le mieux placé, derrière lui aucune figure ne se dégage.
«Confédérale»
L’opposition entre Flamands et Wallons n’est pas seulement linguistique, elle est aussi politique et économique. Yves Leterme a remporté les élections en Flandre en promettant une Belgique «confédérale», c'est-à-dire cogérée par les régions, dont les pouvoirs seraient étendus via une réforme de l'Etat. Les partis wallons qui ont fait les meilleurs scores ont promis eux de s’opposer à ces réformes. C’est dire si un compromis sera difficile à trouver.
Les «sages» chargés d’arrondir les angles n’auront pas la partie facile, les négociateurs flamands n’ont pas l’intention de faire des compromis. L'un des négociateurs flamands les plus âpres, Bart De Wever, assure que les francophones doivent «s'attendre à trouver en face d'eux des négociateurs flamands encore plus résolus à défendre leurs revendications».
Une radicalisation qui pourrait conduire à l’éclatement de la Belgique, une hypothèse tempérée par le politologue flamand Marc Devos: «le sentiment de crise» ne dépasse actuellement pas les cercles politiques, la situation n'étant pas perçue comme «dramatique» par l'opinion belge.