Une voiture de police patrouille le 5 janvier devant la gare de Cologne en Allemagne.
Une voiture de police patrouille le 5 janvier devant la gare de Cologne en Allemagne. - OLIVER BERG / DPA / AFP

Depuis quatre jours, le gouvernement d’Angela Merkel marche sur des œufs. Berlin a fini par réagir suite aux centaines agressions sexuelles commises à Cologne le soir du réveillon, et par « condamner » ces actes.

Attribuées par la police à des hommes d’origine nord-africaine, les autorités se sont refusées à toute « instrumentalisation » visant les réfugiés.

Plus d’un millier de personnes impliquées

L’affaire, qui a pris de l’ampleur à mesure que se multipliaient les plaintes de victimes, suscite désormais une forte émotion en Allemagne en raison de la « dimension nouvelle » de ces actes impliquant « plus d’un millier de personnes » ayant agressé ou protégé les agresseurs, selon le ministre de la Justice Heiko Maas.

« Il s’agit d’une nouvelle forme de criminalité organisée » et « il va falloir qu’on réfléchisse, qu’on pense aux moyens à mettre en œuvre pour y faire face », a estimé M. Maas mardi devant la presse.

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Alors que les témoins ont décrit des suspects « d’apparence arabe ou nord-africaine », selon la police, le ministre de la Justice a mis en garde contre toute « instrumentalisation » de cette affaire dans le débat sur l’afflux de migrants en Allemagne.

L’apparence des agresseurs « ne doit pas conduire à faire peser une suspicion générale sur les réfugiés qui, indépendamment de leur origine, viennent chercher une protection chez nous », a renchéri le ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière. En France, plusieurs responsables du Front national se sont empressés de réagir en faisant valoir leurs positions anti-immigration.

90 plaintes enregistrées

La police avait déjà enregistré 90 plaintes mardi matin, allant du harcèlement au viol en passant par des dizaines d’agressions sexuelles et des vols, et s’attendait à en recevoir de nouvelles, a indiqué un porte-parole à l’agence allemande DPA.

Ces agressions, attribuées à des groupes de 20 à 30 jeunes hommes ivres encerclant les victimes, se sont concentrées autour de la cathédrale et de la gare centrale de Cologne, mais la police a aussi signalé une dizaine de plaintes à Hambourg (nord).

La mairie de Cologne, qui accueillera du 4 au 10 février des centaines de milliers de fêtards pour le carnaval, tenait mardi une réunion de crise à ce sujet.

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