Barack Obama s'entraîne au tir à la carabine, en 2013.
Barack Obama s'entraîne au tir à la carabine, en 2013. - P.SOUZA/MAISON BLANCHE

Il fait ce qu’il peut. Barack Obama a décidé de court-circuiter le Congrès sur le contrôle des armes à feu en passant par des décrets. Le président américain doit les dévoiler ce mardi, mais il a déjà révélé les grandes lignes de ses mesures, qui visent notamment à renforcer les vérifications lors d’une vente.

La généralisation de l’obligation du contrôle des antécédents judiciaires et psychiatriques avant une vente d’arme est au coeur des propositions. L’exécutif entend en particulier colmater les failles du système en vigueur en clarifiant la définition d’un vendeur d’armes. Dans les foires itinérantes mais aussi sur Internet, il est en effet aujourd’hui aisé aux Etats-Unis d’acquérir une arme sans aucun des contrôles exigés des armuriers homologués par les autorités fédérales.

Un effort sur les soins psychiatriques

« Tout personne impliquée dans la vente d’armes qui utilise Internet ou d’autres technologies doit obtenir une licence, exactement de la même manière qu’un magasin traditionnel », souligne en particulier la Maison Blanche. Cette dernière ne fixe cependant pas le nombre d’armes à partir duquel un particulier bascule dans cette catégorie. Selon M. Obama, « cela ne va pas empêcher tous les crimes violents, toutes les fusillades (…) Mais cela permettra, potentiellement, de sauver des vies dans ce pays ».

fin d’assurer une meilleure application des lois existantes, M. Obama propose par ailleurs la création de 200 nouveaux postes au sein de l’Agence fédérale sur l’alcool, le tabac et les armes (ATF). Il suggère par ailleurs au Congrès un investissement de 500 millions de dollars pour améliorer la prise en charge des soins psychiatriques.

Les républicains au créneau

Après sept années durant lesquelles, fusillade après fusillade, il n’a pu qu’exprimer sa frustration, le président démocrate a décidé d’agir seul face à un Congrès dominé par les républicains. Ce faisant, il place le débat au coeur de la campagne présidentielle en cours. Mais s’expose aussi aux critiques sur sa façon d’exercer le pouvoir, ses opposants dénonçant ce qu’ils estiment être le fait du prince.

« Nous ne serons bientôt plus en mesure d’acquérir des armes », a lancé dans son style lapidaire le milliardaire Donald Trump, qui fait la course en tête chez les conservateurs. A l’unisson, les candidats républicains à la Maison Blanche ont promis d’effacer d’un trait de plume toute mesure sur ce thème. « Dès mon premier jour au pouvoir, tous ces décrets disparaîtront », a ainsi assuré le sénateur de Floride Marco Rubio.

Aux Etats-Unis, les armes à feu sont impliquées dans la mort d’environ 30.000 personnes chaque année. Attention, les homicides ne représentent qu’environ un tiers de ce chiffre, le reste étant principalement des suicides, selon une étude de Pew.

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