Une femme manifeste à Bahreïn après l’exécution du cheikh Nimr Baqer al-Nimr le 2 janvier.
Une femme manifeste à Bahreïn après l’exécution du cheikh Nimr Baqer al-Nimr le 2 janvier. - MOHAMMED AL-SHAIKH / AFP

Au lendemain de l’incendie de l’ambassade saoudienne à Téhéran en Iran, le pays semble de plus en plus isolé sur la scène politique et diplomatique. Après l’Arabie Saoudite, directement impliquée dans le conflit, le Soudan, le royaume du Barheïn et les Emirats Arabes Unis ont annoncé lundi la rupture de leurs relations diplomatiques avec l’Iran ou le retrait de leurs ambassadeurs dans le pays.

« Un abus flagrant des lois internationales »

« Le gouvernement soudanais annonce la rupture avec effet immédiat de ses relations diplomatiques avec la République islamique d’Iran », a précisé le ministère des Affaires étrangères soudanais dans un communiqué.

Selon lui, cette décision a été prise « à la suite de l’attaque brutale de l’ambassade du royaume d’Arabie saoudite à Téhéran et de son consulat à Machhad » qui était « un abus flagrant des lois internationales ».

Le Soudan entretenait de bons rapports avec l’Iran jusqu’en septembre 2014 quand Khartoum a ordonné la fermeture de tous les centres culturels iraniens du pays.

Une coalition contre les chiites au Yémen

Les autorités de ce pays majoritairement sunnite se sont par ailleurs rapprochées en mars 2015 des pays sunnites du Golfe en rejoignant la coalition menée par l’Arabie saoudite qui combat les rebelles chiites Houthis au Yémen.

Les Emirats arabes unis ont, de leur côté, rappelé leur ambassadeur en Iran et réduit les liens diplomatiques avec Téhéran, se démarquant légèrement de l’Arabie saoudite et de Bahreïn qui ont rompu leurs relations avec l’Iran, a annoncé lundi le gouvernement d’Abou Dhabi.

Abou Dhabi a invoqué la « poursuite des ingérences iraniennes » dans les affaires des pays arabes et du Golfe pour justifier sa décision, a indiqué l’agence officielle WAM citant une déclaration du ministère des Affaires étrangères. Désormais, les deux pays seront représentés uniquement par des chargés d’affaires.

Les diplomates iraniens doivent quitter Bahreïn « sous 48 heures »

Enfin, le royaume de Bahreïn a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran. Dirigé par une dynastie sunnite qui entretient des liens étroits avec Ryad, le pays a demandé à tous les diplomates iraniens de quitter le royaume « sous 48 heures ».

Ces développements sont survenus après l’exécution samedi d’un dignitaire chiite en Arabie saoudite et des attaques de représailles contre des missions diplomatiques saoudiennes en Iran.

La décision de Bahreïn a été motivée par les attaques « lâches » contre les représentations diplomatiques saoudiennes en Iran et par « l’immixion iranienne croissante et dangereuse » dans les affaires intérieures des pays arabes et du Golfe, selon un communiqué officiel.

Les attaques contre les missions diplomatiques saoudiennes constituent « un dangereux exemple d’attaques sectaires qui doivent susciter une réaction afin de préserver la sécurité et la stabilité dans toute la région », poursuivent les autorités.

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