Adel al-Jubeir, le ministre saoudien des Affaires Etrangères, a annoncé dimanche 3 janvier la rupture des relations diplomatiques avec l'Iran.
Adel al-Jubeir, le ministre saoudien des Affaires Etrangères, a annoncé dimanche 3 janvier la rupture des relations diplomatiques avec l'Iran. - FAYEZ NURELDINE / AFP

L’escalade semblait inévitable. Depuis l’exécution, samedi, d’un haut dignitaire chiite par l’Arabie Saoudite, les relations entre l’Iran et le royaume saoudien se sont considérablement tendues. 

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a annoncé dimanche la rupture des relations diplomatiques de l'Arabie saoudite avec l'Iran, après l'attaque de son ambassade à Téhéran. L'Arabie saoudite a décidé de « rompre ses relations diplomatiques avec l'Iran et exige le départ sous 48H des membres de la représentation diplomatique iranienne », a-t-il déclaré dans une conférence de presse à Ryad.

Il a dénoncé « les ingérences négatives et agressives de l'Iran dans les affaires arabes qui entraînent souvent dégâts et destructions ».

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Dimanche, et malgré les appels au calme de l’ONU et de nombreuses puissances occidentales, des milliers de manifestants de confessions chiites ont protesté contre la mort du cheikh Nimr. 

Figure de proue du mouvement de contestation en Arabie Saoudite

Le cheikh Nimr avait été condamné à mort en 2014 pour « terrorisme », « sédition », « désobéissance au souverain » et « port d'armes ». Il avait été la figure de proue du mouvement de contestation qui avait éclaté en 2011, dans la foulée du Printemps arabe, dans l'est saoudien où vit l'essentiel de la minorité chiite qui se plaint de marginalisation.

Son exécution préoccupe les Etats-Unis, un allié de l'Arabie saoudite, qui craignent que les « tensions communautaires s'exacerbent », une crainte partagée par la chef de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini qui a parlé au téléphone avec les ministres saoudien et iranien des Affaires étrangères.

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