Une voiture de police à Tel-Aviv.
Une voiture de police à Tel-Aviv. - JACK GUEZ AFP

Un homme a tué deux Israéliens et semé la terreur vendredi dans le centre de Tel-Aviv en ouvrant le feu apparemment à l’arme semi-automatique sur des clients attablés à des terrasses de café pour des raisons encore inconnues.

Une intense chasse à l’homme se poursuivait dans la soirée pour retrouver l’auteur. Plusieurs médias israéliens ont rapporté qu’il avait été identifié comme un Arabe israélien de 29 ans du nord d’Israël, reconnu sur des vidéos de surveillance par son père qui a appelé les autorités. La police a refusé de confirmer ces informations.

Elle restait très réservée sur les motivations de l’auteur de la fusillade, survenue en pleine vague d’attentats anti-israéliens commis par des Palestiniens, et dans un contexte de menaces du Hezbollah libanais et des djihadistes.

Le tireur a volé l’arme dont il s’est servi à son père

« Rien ne permet de dire de manière définitive qu’il s’agit d’un acte nationaliste », autrement dit terroriste, a déclaré sur la deuxième chaîne de télévision le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan.

« Je ne suis pas sûr que ceci fasse partie de la vague actuelle de terrorisme », a-t-il dit en faisant référence aux attaques de Palestiniens. Les pistes criminelles et personnelles sont toujours examinées, a-t-il ajouté.

Le tireur a volé l’arme dont il s’est servi à son père, employé dans la sécurité, disait le quotidien Haaretz sur son site internet. Les informations circulant sur le type d’arme employé n’ont pas été corroborées.

Des vidéos de surveillance montrent un homme arborant des lunettes faire posément des achats dans un magasin d’aliments diététiques, sortir une arme de son sac à dos, se poster sur le pas-de-porte et ouvrir le feu à bout portant sur les clients du Simta, le bar contigu.

« J’ai tout de suite pensé à Paris et au Bataclan »

L’homme aurait poursuivi son chemin selon les témoignages et fait feu 150 mètres plus loin sur la terrasse d’un deuxième établissement où de nombreuses personnes, malgré le temps maussade, savouraient les heures précédant le shabbat le long de cet axe très fréquenté de la capitale économique et culturelle d’Israël. Il a ensuite pris la fuite à pied.

Alon Bakal, 25 ans, qui gérait le Simta, et Shimon Ruimi, 30 ans, ont succombé à leurs blessures. Sept autres personnes ont été blessées, dont deux gravement, ont indiqué les secours.

« J’ai entendu des coups de feu (…) j’ai entendu des cris et on a vu l’homme qui tirait », a raconté Alexandre Lambez, un touriste français, assis à une terrasse. « J’ai tout de suite pensé (aux attaques de novembre) à Paris et au Bataclan », dit-il.

Une série de coups de feu

La patronne d’un salon de coiffure voisin, Osnat David, jointe au téléphone par l’AFP, a raconté avoir entendu une série de coups de feu, des cris et des pleurs.

« Mes clients et moi nous sommes cachés dans la réserve sans faire de bruit. Nous n’avons même pas eu le temps de fermer le magasin. Nous nous sommes couchés au sol pour que le terrroriste ne nous voit pas. Tout cela a duré une vingtaine de minutes. Nous tremblions, nous nous serrions les uns contre les autres », a-t-elle dit.

« Deux minutes plus tôt, j’étais dehors en train de fumer une cigarette. C’est un miracle. Si j’étais restée dehors, je serais morte à l’heure qu’il est », a-t-elle ajouté. « Après j’ai refusé de sortir de mon salon. Je ne voulais pas voir les corps et le sang », a-t-elle dit, sous le choc bien qu’elle ait déjà vécu, dit-elle, plusieurs attaques par le passé.

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