Rétro 2015: Intellectuels, polémistes... Ils ont alimenté le débat cette année

BILAN «20 Minutes» a notamment sélectionné Eric Zemmour, Michel Onfray, et Alain Finkielkraut...

T.L.G.

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Michel Onfray, et Eric Zemmour.

Michel Onfray, et Eric Zemmour. — BEBERT BRUNO/SIPA

Ils ont alimenté le débat en 2015 par des polémiques. Leurs livres, leurs entretiens, leurs chroniques ont parfois fait réagir la classe politique. 20 Minutes a sélectionné cinq intellectuels ou polémistes qui ont agité le débat publique cette année.

Eric Zemmour

Licencié en 2014 par iTélé pour des propos sur les musulmans, le polémiste a poursuivi sur sa lancée en 2015. « Il y a clairement une volonté de m’éradiquer des médias de la part de certains. Comment appelez-vous le fait que le président de la République dise que mon livre n’est pas digne d’être lu, que le Premier ministre ou la société de journalistes de RTL demandent mon renvoi ? », s’indigne-t-il dans un entretien au Parisien en mai dernier.

Pourtant, le chroniqueur a continué de s’exprimer sur RTL et à Paris Première. Islam, Cop 21, François Hollande, Daesh… Plusieurs de ses chroniques ont alimenté le débat. « Au lieu de bombarder Raqqa, la France devrait bombarder Molenbeek d’où sont venus les commandos du vendredi 13 », déclare-t-il à l’antenne, quelques jours après les attentats de novembre. La chronique provoque la colère de la bourgmestre de la ville belge. Cette année, l’écrivain a même accédé à l’Elysée, dans le livre de politique-fiction d’un journaliste de Valeurs Actuelles.

Alain Finkielkraut

Le philosophe a commenté l’actualité dans de nombreux médias. Peu après les attentats de janvier, il se défend d’être islamophobe sur iTélé. « La haine des musulmans doit être combattue et poursuivi. Mais phobie, en grec, ça ne veut pas dire haine, ça veut dire peur. La peur de l’islam, et la peur d’un certain islam, est dans la situation actuelle la moindre des choses ».

Autre moment de controverse, sur le plateau de Laurent Ruquier, l’académicien tente de défendre Nadine Morano et ses propos sur la « race blanche ». « Vous écoutez le rap ? Il y a un niveau de francophobie jamais atteint. On parle de Nadine Morano mais Booba, quand il dit dans une de ses chansons : ‘Quand j’vois la France les jambes écartées j’l’encule sans huile’(…) Alors Nadine Morano c’est le Ku Klux Klan et Booba, c’est Rimbaud, c’est ça ? ».

Michel Onfray

Les uns l’accusent d’islamophobie, les autres de justifier le terrorisme. Au lendemain des attentats du 13 novembre, Michel Onfray publie un tweet qui suscite la controverse. « Droite et gauche, qui ont internationalement semé la guerre contre l’islam politique, récoltent nationalement la guerre de l’islam ». Dans une vidéo de propagande, l’Etat islamique a utilisé les propos du philosophe.

« On est toujours instrumentalisé par tout le monde », répondra-t-il. « Bombarder l’EI ne permettra pas de calmer les jeunes soldats de l’EI qui sont dans nos banlieues ». Michel Onfray avait déjà été accusé en septembre par Libération d’alimenter le discours de l’extrême droite. Face à ces controverses, le philosophe décide d’une diète médiatique et renonce à publier son essai sur l’islam.

Michel Houellebecq

Dès janvier, l’écrivain avait créé le débat avec Soumission. Il y décrit une France islamisée en 2022 après l’élection à la présidence de la République du chef d’un parti musulman. En septembre dernier, l’écrivain accuse les hommes politiques, de François Hollande à Nicolas Sarkozy, d’avoir créé les conditions ayant conduit aux attentats de Paris, dans une tribune publiée par le Corriere della sera.

« Qui sont les leaders politiques qui ont entraîné la France dans des opérations absurdes et coûteuses dont le résultat principal a été d’approfondir le chaos d’abord en Irak puis en Libye ? » s’interroge-t-il. « Et qui était prêt à faire la même chose en Syrie ? »

Emmanuel Todd

Haro sur « l’esprit de Charlie » ? Quatre mois après les attentats de Paris, Emmanuel Todd dénonce « l’imposture » des manifestations du 11 janvier dans Qui est Charlie ? Autopsie d’une crise religieuse. Le démographe suscite une vive polémique en qualifiant la « marche républicaine » d’« hystérie collective », « égoïste » et « xénophobe » contre l’islam. Manuel Valls prendra soin de répondre « aux impostures » de l’intellectuel dans une tribune publiée dans le Monde.