Turquie dans l'UE: Le processus d'adhésion est relancé

POLITIQUE Les négociations reprennent ce lundi soir en vue de faire entrer la Turquie au sein de l'Union européenne...

20 Minutes avec AFP

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Drapeaux de l'UE et de la Turquie, à Berlin, le 16 juin 2004

Drapeaux de l'UE et de la Turquie, à Berlin, le 16 juin 2004 — MICHAEL KAPPELER DDP

Chose promise, chose due. Comme elle s’y était engagée, l’UE ouvrira ce lundi soir un nouveau chapitre dans le processus d’adhésion de la Turquie au bloc européen. Ces négociations, entamées en 2005, piétinent depuis des années.

Mais elles ont reçu une nouvelle impulsion en octobre lorsque les Européens ont proposé à la Turquie un « plan d’action » pour endiguer le flux sans précédent de migrants vers l’Union européenne. Même la chancelière Angela Merkel, jusqu’alors notoirement opposée à la perspective d’une adhésion, a changé d’avis cet automne, en rendant personnellement visite au président turc Recep Tayyip Erdogan au plus haut de la crise migratoire.

« Le pragmatisme n’est pas un mauvais conseiller »

L’Union a promis d’aider à hauteur de trois milliards d’euros le gouvernement turc afin d’améliorer l’accueil des réfugiés syriens et irakiens sur le sol turc, renforcer les patrouilles en mer Egée et rapatrier les migrants économiques illégaux.

Du coup, la rencontre de ce lundi soir est « le moment propice », a estimé le commissaire européen à l’Elargissement Johannes Hahn, pour qui « le pragmatisme n’est pas un mauvais conseiller en matière de relations avec les voisins ».

A ce stade, 14 chapitres sur 35 ont été ouverts. Dans son dernier rapport d’étape, Bruxelles n’a pas mâché ses critiques sur les atteintes à la liberté d’expression ou à l’indépendance de la justice en Turquie. Hahn prépare pour le printemps prochain une évaluation d’autres domaines dans lesquels les négociations d’adhésion pourraient démarrer, notamment l’Etat de droit, l’Energie, l’Education ou les Affaires étrangères, même si la Commission a exclu tout nouvel élargissement avant 2020.

« C’est pour que la Turquie nous aide »

Mais le ministre autrichien des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, s’est montré très sceptique face à une telle perspective, reconnaissant « honnêtement » qu’en fait la relance des négociations, « c’est pour que la Turquie nous aide afin que les réfugiés ne viennent pas en Europe ».

Les Occidentaux attendent également que la Turquie contrôle mieux sa frontière avec la Syrie, encore poreuse sur une centaine de kilomètres, pour empêcher le transit des djihadistes de l’EI et assécher le commerce de pétrole qui est une manne financière pour la puissante organisation extrémiste.

Ces sujets étaient abordés lundi au cours d’un déjeuner de travail avec le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu, en marge de la réunion mensuelle des 28 ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles.

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