Turquie: Erdogan accuse à son tour Moscou de protéger le trafic de pétrole de Daesh

CONTREBANDE Le président turc menace de révéler des preuves de l’implication de la Russie dans la contrebande pétrolière du groupe Etat islamique…

20 Minutes avec AFP

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Montage: Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan en 2015.

Montage: Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan en 2015. — Sergei Karpukhin/Burhan Ozbilici/AP/SIPA

Quand on l’attaque, Erdogan contre-attaque. Le président turc a riposté ce jeudi aux allégations du Kremlin selon lesquelles la Turquie couvrirait le trafic de pétrole de l’organisation terroriste Etat islamique. Recep Tayyip Erdogan accuse à son tour Moscou de protéger ce trafic, et menace d’en révéler des « preuves ».

« La Russie est obligée de prouver ces allégations »

Mercredi, le vice-ministre de la Défense russe avait accusé la classe dirigeante politique turque, dont le chef de l’Etat turc et sa famille, d’être directement impliquée dans la contrebande de pétrole des djihadistes de Daesh. Des accusations « immorales », a répondu ce jeudi le principal intéressé. En retour, il a exigé que la Russie « prouve ces allégations », lors d’un discours prononcé à Ankara devant des syndicats.

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Le rôle du syrien George Haswani

Dans la foulée, il a accusé à son tour la Russie de jouer un rôle dans le même trafic. « Nous avons des preuves. Nous allons commencer à les révéler au monde », a-t-il menacé, citant notamment le nom de l’homme d’affaires syrien George Haswani, « titulaire d’un passeport russe », qui bénéficierait selon lui des ventes de brut extrait par les djihadistes des puits qu’ils contrôlent en Syrie et en Irak.

George Haswani a été récemment visé par des sanctions financières américaines, après celles imposées par l’Union européenne (UE). Ce Syrien est accusé par les Etats-Unis et l’UE d’acheter du pétrole à l’Etat islamique pour le compte du régime de Bachar al-Assad.

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Ambiance glaciale entre Ankara et Moscou

Depuis le 24 novembre 2015, date à laquelle un avion de l’armée russe a été abattu par l’armée turque près de la frontière syrienne, les relations entre Moscou et Ankara ne cessent de se dégrader. La Russie a notamment imposé un embargo sur les fruits et légumes turcs, tandis que les échanges tendus se multiplient entre de hauts responsables politiques des deux pays.

En dépit de ces tensions, les ministres des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, et son homologue turc Mevlüt Cavusoglu devaient se rencontrer ce jeudi à Belgrade, en marge d’une réunion ministérielle de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), leur première rencontre depuis le début de la crise.

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