CISJORDANIE - Les ultra-nationalistes ont tout fait pour empêcher l'armée de mettre fin à l'occupation illégale de deux maisons...
Des centaines de gardes-frontières israéliens ont procédé mardi matin à l'évacuation des colons occupant deux maisons à Hébron. Ils ont sorti des bâtiments un à un les membres des familles de squatters et des jeunes ultra-nationalistes venus les soutenir. Les forces de l'ordre ont dû forcer les portes, procédant à quatre interpellations, selon
le site internet du quotidien «Haaretz», alors que les manifestants leurs jetaient des pierres et de l'huile. Selon le journal israélien, une quinzaine de personnes ont été blessées.
Hébron, un bras de fer entre le gouvernement et l'extrême droite
L'évacuation des deux familles de colons extrémistes qui occupent illégalement deux maisons d'un ancien marché de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, a une valeur symbolique. Pour le gouvernement, il s'agit d'affirmer son autorité après que les colons concernés ont reçu dimanche un ordre d'évacuation sous 48 heures.
Pour l'extrême droite, il s'agit de démontrer l'extrême difficulté d'une évacuation pour prouver que le précédent du retrait de la bande Gaza, il y a deux ans, ne se renouvellera pas.
Des soldats réfractaires
Le commandement militaire israélien a condamné lundi à des peines de deux à quatre semaines de prison douze militaires qui s'étaient rebellés et avaient refusé de participer à l'opération d'évacuation. Une trentaine de soldats israéliens d'une unité d'infanterie active, soutenus par des députés et des rabbins ultra-nationalistes, avaient en effet annoncé qu'ils refuseraient toute participation, même indirecte, à l'opération. Les soldats réfractaires - pour la plupart religieux - du régiment Kfir avaient expliqué à leurs officiers qu'ils refusaient «d'expulser des juifs de leurs maisons». Ils ont été exclus de leur unité.
Le député d'opposition d'extrême-droite,
Zvi Hendel, a exprimé son soutien aux soldats insubordonnés. «Je suis fier que nous ayons des soldats qui réfléchissent avant d'obéir à un ordre illégal et refusent d'être complices d'un jeu politique».
Dans la nuit de dimanche à lundi, des colons avaient mis le feu à l'entrée d'une école palestinienne, dans la vieille ville de Hébron, provoquant des dégâts dans des maisons et des magasins voisins.