Les infirmières bulgares ont dû renoncer à poursuivre Tripoli

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Publié le 2 août 2007.

DIPLOMATIE - A la demande de l’Union européenne...

Les informations sur les conditions de libération des infirmières bulgares filtrent petit à petit. Après les révélations du fils Kadhafi sur un contrat d’armement et une décision de justice britannique, le porte-parole de l’Elysée, David Martinon, affirme dans les colonnes du «Monde» daté de vendredi que les infirmières bulgares et le médecin d'origine palestinienne ont dû renoncer à poursuivre Tripoli.

Signature d'un document

Avant de pouvoir quitter, le 24 juillet, la Libye à bord d'un avion présidentiel français, ils ont été obligés de signer un document où ils s'engagent à renoncer à tout recours judiciaire pour tortures, mauvais traitements, ou détention abusive. La démarche a été cautionnée à haut niveau du côté européen, puisque, selon David Martinon, «cela avait fait l'objet d'un échange de lettres entre l'Union européenne et la Libye».

De Bruxelles, la porte-parole de Benita Ferrero-Waldner a confirmé au quotidien jeudi que «les 27 Etats membres étaient constamment informés des détails des discussions» qui se tenaient à Tripoli, et qu'aucun ne pouvait donc prétendre ignorer les conditions de la libération.

Selon l'Elysée, les avocats des infirmières «étaient tous d'accord» pour qu'un tel engagement soit pris. L’un d’entre eux a toutefois souligné qu'en aucun cas un document signé dans des conditions de contrainte ne pourrait empêcher les infirmières et le médecin de «faire valoir leurs droits pour que leurs tortionnaires soient poursuivis». Le médecin palestinien a livré un récit terrifiant des tortures qu’il a subies pour lui extorquer des aveux en Libye.

Claude Goasguen proteste

Toutes ces informations n’ont pas filtré lors de l’audition, mardi, du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Dénoncé par l’opposition, ce silence a également été pointé du doigt par le député UMP Claude Goasguen. Ce dernier a demandé jeudi «une dénégation formelle» de Bernard Kouchner sur les affirmations d'un fils du colonel Kadhafi. «La rupture, c’est aussi que lorsqu'il y a un problème de ce genre, le ministre des Affaires étrangères ne se contente pas de silence et que le président de la République ne se contente pas de réponse fortuite à la télévision», a déclaré le député UMP.
C. F.
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