DIPLOMATIE - Ce que Sarkozy et Kouchner n’ont pas dit…
Un important contrat d'armement avec la France et une décision de justice en Grande-Bretagne sur un ancien agent secret libyen ont joué un rôle important dans l'affaire de la libération des infirmières et du médecin bulgares détenus en Libye, selon des propos du fils du numéro un libyen,
Seif el-Islam Kadhafi, publiés par «Le Monde» daté de jeudi.
Nicolas Sarkozy a répété qu'il n'y avait eu aucune contrepartie à leur libération.
Paris et Tripoli ont conclu le 25 juillet un
mémorandum sur un projet de fourniture d'un réacteur nucléaire civil permettant la désalinisation de l'eau de mer, ainsi qu'un accord dans le domaine militaire, juste après la libération des infirmières.
«Affaire militaire»
Selon le quotidien, qui s'est entretenu avec le fils du colonel Kadhafi à Nice, le «coeur du sujet» entre Paris et Tripoli
n'est pas ce projet nucléaire, mais «l'affaire militaire».
«D'abord, l'accord recouvre des exercices militaires conjoints, bien sûr», explique ainsi le fils du leader libyen, acteur clef de l'accord sur la libération des infirmières. «Puis, nous allons acheter à la France des missiles antichar Milan, à hauteur de 100 millions d'euros je pense.»
«Ensuite, il y a un projet de manufacture d'armes, pour l'entretien et la production d'équipements militaires. Vous savez que c'est le premier accord de fournitures d'armes par un pays occidental à la Libye?», affirme Seif el-Islam.
«Une occasion en or»
«
Les Allemands, surtout, étaient réticents pour des ventes d'armes. Mais avec les Français, nous avons été en négociations depuis longtemps. Nous avons demandé à Sarkozy d'accélérer les choses. Maintenant que le cas des infirmières est réglé, c'est une occasion en or qui survient».
Selon lui, des «représentants» des groupes français Thalès et Sagem «sont en Libye en ce moment même». Le colonel Kadhafi «devrait se rendre en France pour signer les contrats en question», ajoute «Le Monde».
Extradition
Autre élément clef de la libération des infirmières, le sort d'un ancien agent libyen Abdel Basset Ali al-Megrahi, emprisonné en Grande-Bretagne pour l'attentat de Lockerbie (Ecosse) qui avait fait 270 morts en 1988. Selon le fils du colonel Kadhafi, il devrait, comme les infirmières, être extradé vers son pays d’origine.
«Nous allons bientôt avoir un accord d'extradition avec le Royaume-Uni», dit le fils du dirigeant libyen. «Nos gens», ajoute-t-il en parlant d'officiels libyens, «étaient à Londres il y a un mois environ» pour en discuter.
«Un bon deal»
Seif el-Islam Kadhafi «dit avec une grande tranquillité qu'il n'a pas cru en la culpabilité des infirmières bulgares», note «Le Monde». Selon lui, «elles ont malheureusement servi de boucs émissaires».
Il affirme «qu'aucun argent libyen» n'a été versé aux familles d'enfants libyens malades du sida. «Ce que je peux dire, c'est que les Français ont arrangé le coup. Les Français ont trouvé l'argent pour les familles. Mais je ne sais pas où ils l'ont trouvé», en refusant de confirmer une intervention du Qatar.
D'après le fils du colonel Kadhafi, la Libye a obtenu dans toute cette affaire «un bon deal».