INTEMPERIES - Le gouvernement britannique aurait été averti, il y a trois ans, du risque encouru...
«Comment se fait-il que l’Angleterre, réputée pour son temps pluvieux, soit dans cet état-là après quelques grosses précipitations ?» La question, posée par «
The Guardian», était sur toutes les lèvres mardi outre-Manche. Le quotidien révèle en outre que le gouvernement britannique aurait été alerté par deux rapports en 2004 et 2005 de la nécessité de renforcer le dispositif anti-inondations.
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Gordon Brown s’est défendu lundi en invoquant le caractère inhabituel des intempéries qui frappent le pays depuis vendredi. «En certains endroits, il est tombé un mois de pluies en quelques heures (...) nous faisons tout ce que nous pouvons et les services d'urgence fonctionnent bien», a observé le Premier ministre de retour de l’ouest de l’Angleterre, où des centaines de milliers de foyers sont sans eau potable ni électricité.
Le spectre du changement climatique est clairement montré du doigt. «Comme tout pays industrialisé nous faisons face à des problèmes liés au changement climatique. Il est assez clair que certaines des infrastructures du 19e siècle et leur localisation devra être revue», a déclaré Gordon Brown.
Principale inquiétude à Oxford
A défaut d’avoir prévenu, le Premier ministre a annoncé une hausse de 200 millions de livres (près de 300 millions d'euros) du budget consacré à la protection contre les inondations, notamment pour le drainage des zones inondées. Le comité «Cobra», la cellule de crise du gouvernement britannique, s'est par ailleurs réunie lundi soir pour discuter de la poursuite des mesures à prendre pour lutter contre les inondations,
les pires dans le pays depuis 60 ans.
«La principale inquiétude est maintenant
Oxford, notamment la localité d'Abingdon. Même si la rivière a atteint son pic là-bas, elle continuera à monter dans des zones comme Reading demain et Windsor le jour suivant», a indiqué un porte-parole de l'agence de l'Environnement à l'AFP. «Les eaux gonflent les rivières, elles évoluent d'ouest en est à présent», et la situation dépendra également des précipitations, a-t-il expliqué.
350.000 foyers sans eau potable
L'agence de l'Environnement a maintenu six alertes pour
risque élevé d'inondation, trois sur la Severn, qui coule vers l'ouest, et trois dans la région d'Oxford, dont deux sur la Tamise qui se dirige vers l'est du pays en direction de Londres. Environ 350.000 foyers étaient sans eau potable dans l'ouest du pays, selon la société de fourniture d'eau Severn Trent Water et quelque 50.000 sans électricité.
Menacée par les eaux, la station-relais de
Walham, qui alimente en électricité 200.000 foyers de la région de Gloucester, a évité de justesse d'être submergée cette nuit et continuait à fonctionner. Peter Bungard, un responsable de l'administration du Gloucestershire, estime par contre que la moitié des habitants du comté qui n'ont plus d'eau, vont devoir attendre au moins sept jours que le niveau des inondations baisse pour être à nouveau alimentés en eau. 900 camions-citernes devraient être mobilisés par la compagnie Severn Trent dans la journée, a-t-il précisé.
C. F. avec AFP