Les islamistes retranchés dans le camp palestinien de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, ont tiré dimanche matin quatre roquettes, selon des sources policières, pendant que les échanges de tirs se poursuivaient avec l'armée.
Les roquettes se sont abattues sur des champs dans la localité de Qaabrine, à environ sept kilomètres au nord-est du camp de réfugiés, sans faire de victimes, ont précisé ces sources.
A Nahr al-Bared, des tirs d'arme automatique, accompagnés de bombardements intermittents, continuaient à opposer les soldats aux combattants du Fatah al-Islam retranchés dans le camp depuis exactement huit semaines, selon un journaliste de l'AFP.
L'armée a annoncé depuis jeudi resserrer son étau sur les positions des islamistes, au prix de violents combats qui ont coûté la vie à onze soldats.
Repliés dans le sud
Selon un porte-parole de l'armée, les combattants du Fatah al-Islam, estimés à quelques dizaines, contrôlent encore «un territoire d'environ 300 mètres sur 600», soit près de deux kilomètres carrés, à l'extrémité sud du camp.
En juin, l'armée avait réussi à chasser les islamistes de la partie nord de Nahr al-Bared. Repliés dans le sud, ceux-ci résistent depuis dans un dédale de ruines, piégeant les soldats sur un terrain miné.
Les habitants de Nahr al-Bared, 31.000 réfugiés initialement, ont fui depuis le début des combats. Selon le porte-parole de l'armée, «il ne reste plus aucun civil dans Nahr al-Bared, hormis les femmes et enfants» des islamistes, que des organisations humanitaires avaient en vain tenté d'évacuer mercredi dernier.
Les combats avaient éclaté le 20 mai, lorsque le Fatah al-Islam, un groupe proche d'Al-Qaïda, avait lancé une série d'attaques meurtrières contre l'armée dans les environs du camp.
Ces combats, les plus meurtriers depuis la fin de la guerre civile en 1990, ont déjà fait environ 200 morts, selon des estimations de l'AFP difficiles à confirmer puisque le nombre d'islamistes tués est inconnu. Parmi eux se trouvent 95 soldats, selon l'armée.