Capture d'une vidéo montrant la journaliste hongroise Petra Laszlo faire un croche-patte à une jeune réfugiée près de laa frontière serbo-hongroise.
Capture d'une vidéo montrant la journaliste hongroise Petra Laszlo faire un croche-patte à une jeune réfugiée près de laa frontière serbo-hongroise. - AP/SIPA

Son profil Facebook n’est plus accessible mais à en croire son dernier message, capturé par une journaliste et encore partiellement visible depuis le moteur de recherche Google, Petra Lazlo ne semble pas avoir beaucoup de remords. Pire, elle persiste et signe… « HEIL » (salut nazi).

La journaliste qui a choqué le monde entier en faisant (entre autres) trébucher un homme qui tentait d’échapper à la police avec son enfant dans les bras à la frontière serbo-hongroise y écrit : « Depuis hier j’ai reçu plus de 1.500 messages de haine. 90 % viennent de musulmans qui soutiennent Daesh. Il est aussi intéressant de voir que 0 % des messages viennent de mon pays. J’ai un pays entier derrière moi. Merci Hongrie. Heil ! ».

La vidéo filmée et postée mardi par un confrère allemand a fait le tour des réseaux sociaux et a poussé son employeur la chaîne N1.tv (Nemzeti Televízió) à annoncer le jour même le licenciement de la journaliste dans un communiqué et sur son compte Facebook :

KÖZLEMÉNY/RELEASEAz N1TV munkatársa a mai napon elfogadhatatlanul viselkedett a röszkei gyűjtőpontnál. Az operatőr…

Posted by Nemzeti Televízió on mardi 8 septembre 2015
 

Ce mercredi, le mot-clé #petralazlo faisait partie des plus fortes tendances sur Twitter. Nombre d’internautes exprimaient leur colère, certains soulignant que la journaliste portait un masque lors de son reportage, comme les policiers venus arrêter les migrants. Beaucoup dénonçaient également ses liens avec l’extrême droite hongroise.

Une web-TV proche du parti d’extrême droite Jobbik

La chaîne « Nemzeti Televízió », diffusée exclusivement en ligne, est connue pour être proche de Gábor Vona, le chef du parti anti-immigration Jobbik, dont elle diffuse les discours. A son lancement en décembre 2010, cette web-tv prétendait dans un communiqué proposer des informations qui « ne sont pas disponibles, ou diffusées d’une manière déformée, dans les médias grand public ».

Elle avait fait parler d’elle dès le mois de janvier 2011 en diffusant « un reportage de 30 secondes à l’occasion du 122e anniversaire de la naissance du dictateur nazi », rapportait alors l’AFP. Libération rappelle également qu’elle avait pris fait et cause la même année « pour le maire d’extrême droite du village de Gyöngyöspata, qui, appuyé par des milices, faisait régner la terreur dans le quartier tsigane ».

La plupart des reportages actuellement en ligne sur son site traitent la thématique des migrants, avec des titres tendancieux (« Les migrants ont envahi toutes les boutiques » ou « Guantanamo = Hongrie ? », rapporte le site du quotidien britannique The Guardian) et des interviews également partisanes : « On n’a qu’à les envoyer directement en Allemagne, ils n’ont pas à rester chez nous », témoigne un Hongrois filmé par N1.tv. et repéré par la correspondante en Hongrie de Libération.

Le parti d’opposition Együtt (Ensemble) et la Coalition démocratique, parti de centre gauche, ont annoncé qu’ils allaient porter plainte contre la journaliste pour « violence contre un membre de la communauté ». Un délit passible de cinq ans de prison.

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