Des migrants venus de Macédoine traversent à pied la Serbie.
Des migrants venus de Macédoine traversent à pied la Serbie. - A.NIMANI / AFP

Un électrochoc. C’est ce qu’a provoqué la photo du petit Aylan, 3 ans, réfugié syrien, dont le corps sans vie s’est échoué sur une plage turque et est devenu le symbole d’une crise migratoire sans précédent en Europe. Alors que François Hollande et Angela Merkel ont proposé jeudi l’instauration de quotas contraignants, une mesure qui sera examinée le 14 septembre prochain à l’occasion d’un Conseil des ministres européens de l’Intérieur, des particuliers ont décidé d’agir. Partout en Europe, des initiatives privées ont vu le jour. Hébergement, bénévolat, dons d’argent ou de produits de première nécessité, nombreux sont ceux qui souhaitent venir en aide aux migrants.

Recyclage après les festivals

Tout se recycle et rien ne se perd. Fin août, les organisateurs du festival de Glastonbury, au Royaume-Uni, ont donné 500 paires de bottes laissées par les festivaliers, ainsi que 2.000 ponchos et des kits de première urgence aux migrants de Calais, via l’association Salam. Un peu plus tôt dans l’été, les dirigeants du festival de Sziget ont distribué les tentes oubliées à des migrants syriens.

Des propositions d'aide centralisées sur Internet

En Allemagne, une journaliste a créé un blog, Comment puis-je aider, sur lequel elle recense les initiatives de ses compatriotes. La plupart offrent des cours d’allemand pour les enfants ou encore des vêtements, des vélos et des meubles. D’autres proposent d’accompagner les réfugiés chez le médecin, de les aider à remplir les formulaires ou de traduire des documents.

En France, le site Aiderlesrefugies, un «portail des solidarités avec les migrants et réfugiés» qui liste toutes les initiatives pour leur venir en aide,  a été lancé par deux internautes, Julien Bayou et Anne-Cécile Mailfert. Objectif: «faciliter le passage à l’acte» des citoyennes et citoyens qui ont envie d’agir. Le portail propose donc différentes possibilités d’aider (don d’argent, mobilisation en ligne, aide près de chez soi, ...) mais aussi d'annoncer son initative et ses besoins (bénévoles, dons en nature, ...).

Collectes de produits de première nécessité

En Norvège, le groupe « Refugees welcome to Norway » rassemble sur Facebook plus de 30.000 personnes, pour organiser la collecte de produits de première nécessité pour les migrants ou trouver des places d’hébergement chez les particuliers.

En Grande-Bretagne, un couple du Kent avait pour objectif de lever 1.000 livres (1.361 euros) sur la plate-forme de crowdfunding JustGiving afin d’acheter des chaussures, des médicaments ou encore de la nourriture pour les migrants de Calais, a dépassé son but, obtenant ce dimanche matin 50.594 livres (68.838 euros).

A Paris, la mairie du 3e et Emmaüs Solidarité organisent une collecte de biens de première nécessité : produits d’hygiène, chaussures, chaussettes, sous-vêtements, sacs à dos, serviette de bain et trousses de toilette pourront être déposés à la marie de cet arrondissement à partir du 7 septembre.

Une pétition pour accueillir plus de réfugiés

L’Islande a elle aussi voulu apporter sa pierre à l’édifice et proposé d’accueillir sur son territoire… 50 réfugiés syriens. Des chiffres qui ont fait bondir l’écrivaine Bryndís Björgvinsdóttir. Elle a ouvert une page Facebook intitulée "La Syrie lance un appel" (en islandais, Sýrland kallar) pour encourager son pays à accueillir plus de réfugiés. Mercredi, plus de 14.000 internuates soutenaient cet appel, la grande majorité portant des noms islandais, et beaucoup d’entre eux se disaient prêts à héberger des réfugiés.

En Grande-Bretagne, une pétition exhortant le gouvernement à accueillir davantage de réfugiés avait recueilli jeudi midi 130.000 signatures sur le site Internet du Parlement. Une pétition PowerFoule a également été mise en place, demandant à la France et à l'Europe de «tout faire pour faciliter le transit et l'accueil des réfugiés».

Héberger des réfugiés chez soi

En France, l’association Singa a lancé l’initiative « Calm » (Comme A La Maison), un site Internet qui propose de mettre en relation migrants et particuliers qui veulent offrir leur hospitalité. « Nous avons reçu 1.100 propositions en quelques jours », dit Nathanaël Molle, à l’origine du projet.

Même constat à l’ONG Jésuites Réfugiés Services, qui a reçu entre 40 et 60 propositions d’hébergement depuis le début de la semaine, soit « autant qu’en un an ». « Les gens nous disent : "Je suis écœuré, je veux pas qu’on puisse dire que les Français ne sont pas accueillants" », raconte le directeur Paul de Montgolfier.

Du côté de l’association Revivre, qui aide les Syriens, cet élan de solidarité « a déjà permis de trouver un logement, dans les jours à venir, à une jeune femme qui se serait sinon retrouvée à la rue », assure Sabreen Al Rassace, de l’association.

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