POLEMIQUE – Ben Laden honoré par des musulmans pakistanais, le ministre qui avait justifié des attentats suicide ira à Londres…
Le Pakistan bat le chaud et le froid dans la «nouvelle affaire Rushdie». D’un côté, le ministre pakistanais qui avait déclaré mardi que
l'anoblissement de Salman Rushdie par la reine d'Angleterre pouvait
justifier des attentats suicide a annoncé jeudi qu’il se rendrait au Royaume-Uni en juillet, des religieux pakistanais viennent d’honorer Oussama ben Laden. Une nouvelle provocation à laquelle Londres n’a pas encore réagi.
Ben Laden honoré, appels au meurtre de Rushdie au Pakistan
Jeudi, un groupe d'érudits musulmans pakistanais a conféré son titre le plus prestigieux à Oussama ben Laden, en réaction à l'anoblissement du «blasphémateur» Salman Rushdie. Le conseil pakistanais des oulémas (théologien musulman), une organisation privée qui revendique 2.000 membres, a annoncé avoir octroyé au chef de l'organisation Al-Qaïda le titre de «Saifullah» («l'épée d'Allah»).
Ces théologiens, censés œuvrer à l'harmonie religieuse, ont aussi encouragé le président pakistanais Pervez Musharraf à demander une réunion d'urgence des 57 pays membres de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) pour pousser le Royaume-Uni à retirer la distinction accordée à Rushdie.
Mercredi, le Pakistan a vu de nouvelles manifestations antibritanniques où l’Union Jack a été brûlé et les appels au meurtre de l'écrivain se sont multipliés. Londres, prise au dépourvu par ces violentes réactions, a bien présenté ses excuses, mais la crise avec le monde musulman est loin d’être résolue.
Sa. C. avec AFP
Lord Ahmed pour un retrait de la distinction
Interrogé par
le Figaro, Nazir Ahmed, premier Britannique musulman anobli par la reine, en 1998, estime que le titre décerné à Salman Rushdie «doit lui être retiré».