Australie: Les Témoins de Jéhovah ont couvert plus de 1.000 pédophiles

PEDOPHILIE Une enquête a permis de mettre au jour la culture du silence au sein de cette communauté religieuse...

N.Beu.

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Une Bible (illustration).

Une Bible (illustration). — Corey Perrine/AP/SIPA

Scandale au sein de l’Eglise des Témoins de Jéhovah australienne. Selon les révélations de la presse anglo-saxonne, plus de 1.000 membres de cette communauté, auteurs d’abus sexuels sur des enfants, auraient échappé à toute poursuite depuis les années 1950.

Pour arriver à ce chiffre, les enquêteurs, qui travaillent sur le sujet depuis 2013, ont auditionné des milliers de personnes, après que des plaintes ont émergé au sein de l’Eglise catholique. Plus de 4.000 victimes se sont ainsi présentées devant une commission et ont pu témoigner des abus sexuels commis dans des églises, mais aussi dans des écoles et au domicile des enfants, selon la BBC.

Loi du silence

Une femme, aujourd’hui âgée de 47 ans, a notamment raconté avoir été agressée à l’âge de 15 ans par un doyen du nom de Bill Neill, décédé depuis. Très amie avec la fille de cet homme, selon le Guardian, elle se rendait parfois à son domicile. Là, Neill en profitait pour l’embrasser avec la langue et l’épier sous la douche. « L’agression a changé qui j’étais, a témoigné la victime. Elle a détruit ma confiance en moi. »

L’avocat de la commission d’enquête, Angus Stewart, a découvert que sur 1.006 cas de pédophiles recensés, « aucun n’avait été rapporté aux autorités ». Chez les Témoins de Jéhovah australiens, les affaires sont en fait traitées en interne à travers des confrontations des victimes avec leurs agresseurs, sans qu’aucune sanction ne soit bien souvent retenue contre ces derniers. Si l’Eglise a expulsé 401 de ses membres après avoir eu connaissance d’abus, elle en a innocenté 230 autres, selon des chiffres fournis par Reuters. 125 plaintes n’ont même jamais été étudiées, faute de témoins (il en faut deux ou trois, au minimum).

Interrogé par la commission d’enquête, Max Horley, doyen depuis plus de 30 ans dans la congrégation de Narrogin, a indiqué qu’il n’était pas dans la culture du mouvement de rapporter les allégations de pédophilie à la police. Pour ne pas laisser de traces, les cadres de la communauté vont même jusqu’à détruire les notes prises lors de leur enquête interne, a-t-il ajouté. « Nous ne voulons pas que nos femmes sachent ce que nous faisons, à quels genres de choses nous avons affaire », a expliqué Horley.

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