Il est en visite dans le pays de son père, le Kenya. Barack Obama a réclamé samedi l'« égalité des droits » pour les homosexuels en Afrique, comparant l’homophobie à la discrimination raciale qu’ont connue les Etats-Unis.

« J’ai été constant à travers toute l’Afrique là-dessus. Quand vous commencez à traiter les gens différemment, parce qu’ils sont différents, vous vous engagez sur un terrain où la liberté s’érode », a estimé le président américain lors d’une conférence de presse avec son homologue kényan Uhuru Kenyatta.

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« Quand un gouvernement prend l’habitude de traiter les gens différemment, ces habitudes peuvent s’étendre. En tant qu’Afro-Américain aux Etats-Unis, je suis douloureusement conscient de ce qu’il se passe quand les gens sont traités différemment devant la loi », a-t-il ajouté.

Barack Obama avait déjà apporté son soutien aux homosexuels sur le continent, estimant depuis Dakar en 2013 que « quels que soient la race, la religion, le genre, l’orientation sexuelle, face à la loi, tout le monde doit avoir les mêmes droits ».

Un « non-sujet » pour le président kényan

Comme le président sénégalais Macky Sall à l’époque, Uhuru Kenyatta, dont le vice-président William Ruto a multiplié les sorties homophobes ces derniers temps, lui a répondu qu’il y avait des « choses que, nous devons l’admettre, nous ne partageons pas ».

« Il est très difficile pour nous d’imposer à la population ce qu’elle n’accepte pas elle-même. C’est pour cela que je dis que pour les Kényans aujourd’hui, la question des droits des gays est vraiment un non-sujet », a-t-il ajouté.

Dans la matinée, Barack Obama a tenu un discours plein d’optimisme sur une « Afrique en marche », où les gens « sortent de la pauvreté, les revenus sont en hausse, la classe moyenne croît ».

Dans l’après-midi, il s’est montré plus critique, fustigeant notamment la corruption, le « plus important obstacle à une croissance plus rapide du Kenya ».