Pour elle, il était « son prince », « son plus beau trésor ». Mais pour sa famille, originaire du Kurdistan irakien, son nouveau fiancé était indigne d'un mariage. Pas de la même tribu, ni même bon musulman. Leur alliance était le pire des déshonneurs. Banaz Mahmod, 20 ans, vivait à Mitcham, dans le sud de Londres, depuis plus de dix ans lorsqu'elle a disparu, en janvier 2006. Son corps à moitié nu a été retrouvé trois mois plus tard àBirmingham, dans un trou, où il avait été enterré après avoir été enfermé dans une valise. Autour de son cou, le lacet de chaussure qui avait servi à l'étrangler.
Lundi, son père et son oncle ont été convaincus du meurtre de Banaz. Leur procès a mis au jour la violence inouïe qu'exerçaient les deux hommes sur les femmes de leur famille. La soeur aînée de Banaz, Bekhal, a raconté à la cour son départ en foyer et les passages à tabac qui ont suivi. Le petit ami de Banaz, Rahmat Sulemani, a pu projeter le film d'une Banaz tuméfiée et terrifiée racontant une première tentative de meurtre par son père, en décembre 2005. Un mois plus tard, et malgré quatre dépôts de plainte auprès de la police, Banaz sera assassinée. Pour « l'honneur » de son père et de son oncle.