«Les pays émergents doivent aussi prendre leurs responsabilités»

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Publié le 7 juin 2007.

INTERVIEW – Fabrice Ferrier, chargé des questions internationales au sein du collectif d’ONG Coordination sud, revient sur les enjeux humanitaires du G8…

Fabrice Fzerrier, chargé des questions internationales au sein du collectif d’ONG Coordination sud, est à Rostock, en Allemagne. Il revient sur les enjeux humanitaires du G8. Pour lui, l’aide aux pays pauvres doit aussi venir des pays émergents.

Qu’attendez-vous de ce sommet du G8 ?
Que les engagements pris en 2005, à Gleneagles, en Ecosse, soient réaffirmés et tenus. C’est-à-dire que les huit pays les plus industrialisés ne reviennent pas sur leurs promesses, notamment celle de monter leur aide aux pays du sud à 50 milliards de dollars (un peu plus de 37 milliards d’euros) pour 2010, dont la moitié à destination du continent africain.

Vous avez bon espoir ?
Pas vraiment, nous sommes même plutôt sceptiques. Un indice : pour la première fois depuis 1997, l’aide des pays de l’OCDE à destination des pays pauvres a baissé en 2006. Nous avons néanmoins obtenu de Nicolas Sarkozy, qui nous a reçus avec d’autres ONG mardi, à l’Elysée, qu’il confirme l’engagement pris par Jacques Chirac de porter l’aide de la France à 0,7% du produit national brut en 2012.

Qu’est-ce qui coince, selon vous ?
L’absence de cohérence dans la politique d’aide : chaque pays a ses propres critères, certains se consacrent au sida, d’autres au sort des femmes ou des enfants etc. Au final, l’aide des pays riches reflète leur propre politique.

Un sommet du G8 a-t-il déjà abouti à des aides concrètes ?
Je participe aux sommets depuis celui d’Evian, en 2003. Je retiens surtout l’annulation multilatérale de la dette des pays pauvres, décision prise lors du sommet de Gleneagles.
Néanmoins, beaucoup d’initiatives vont dans le bon sens, notamment la taxe sur les billets d’avion (proposée par Jacques Chirac). C’est ce qu’on appelle «un mécanisme de financement innovant».

L’implication des pays émergents dans l’aide internationale est-elle une solution ?
Oui, car elle permettrait de mieux «répartir le fardeau», selon l’expression de George W. Bush. C’est d’ailleurs tout l’enjeu de ce G8 : les Allemands travaillent sur un texte engageant les pays émergents à reconnaître leur responsabilité partagée dans une meilleure gouvernance mondiale et économique. Il ne doivent plus se réfugier derrière leur statut passé de pays du sud.
Propos recueillis par Sandrine Cochard
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