ALTERMONDIALISTES - Des échauffourées violentes ont éclaté, mercredi, soir alors que la police délogeait des manifestants…
La tension monte d’un cran entre la police et les altermondialistes. Des échauffourées violentes ont éclaté, mercredi soir, alors que la police délogeait des manifestants rassemblés autour de la barrière de sécurité du site où sont réunis les chefs d'Etat. Quelques 141 personnes ont été interpellées. Jeudi matin, ,environ un millier de manifestants étaient de nouveau rassemblés aux abords de la barrière de sécurité.
Jets de pierre contre gourdins
En début de soirée, la police avait commencé à déloger des manifestants
qui avaient réussi à s'approcher de la grille de sécurité entourant la station balnéaire de Heiligendamm. Leur but était alors de bloquer les routes d'accès.
Les policiers ont utilisé des canons à eau pour disperser les centaines de personnes rassemblées près de «Hinter Bollhagen». Des policiers à cheval ont aussi participé à l'opération.
Plus tard dans la soirée, des groupes extrémistes en cagoules et vêtus de noir ont fait irruption au milieu de plusieurs milliers de manifestants pacifiques. Aux pierres qui fusaient en leur direction, les policiers ont rétorqué avec des gourdins en caoutchouc. Huit agents ont été blessés, selon la police allemande. «Nous avons affaire à des gens potentiellement dangereux qui jettent des pierres», selon un porte-parole de la police. Un homme aurait également été agressé près de l'un des deux points de passage par plusieurs hommes manifestants encagoulés. Il pourrait s'agir d'un policier ayant infiltré la manifestation et qui aurait été démasqué, selon le porte-parole de la police.
Gaz lacrymo et interdiction de manifester
De son côté, l'organisation altermondialiste «G-8-Block» affirme que la police a aussi utilisé du gaz lacrymogène.
La situation, redevenue calme dans la nuit de mercredi à jeudi, inquiète néanmoins les autorités. Plusieurs hélicoptères quadrillent la zone tandis que des rumeurs sur un renforcement du dispositif policier, fort de 16.000 agents, circulent.
Plus tôt dans la journée de mercredi, plusieurs dizaines d'actions avaient émaillé la première journée du G8, notamment autour de l'aéroport de Rostock-Laage, où sont arrivés au cours de la journée les chefs d'Etat et de gouvernement.
Samedi, plusieurs centaines de policiers avaient été blessés
lors d'échauffourées avec des manifestants à Rostock, non loin de Heiligendamm. Ces heurts avaient fait un total d'un millier de blessés dans les deux camps.
Mardi et mercredi, un tribunal de la ville a condamné deux Espagnols et deux Allemands pour «trouble à l'ordre public» à entre neuf et dix mois de prison ferme, un Polonais à six mois avec sursis, pour leur participation à ces violences.
Pour tenter d’enrayer la contestation, la Cour constitutionnelle allemande a confirmé mercredi l'interdiction de la manifestation principale, prévue jeudi par les altermondialistes aux abords du sommet, en invoquant des risques de dérapages violents. En conséquence, les organisateurs l'ont totalement annulée. L'association ATTAC, a néanmoins annoncé vouloir poursuivre les opérations de blocage jusqu'à vendredi, dernier jour du sommet.
Avec AFP