Vingt ans de dialogue de sourds

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Publié le 5 juin 2007.

ESPAGNE - Les deux précédentes tentatives avortées de négociations avec l'ETA…

Le premier dialogue entre l’organisation séparatiste basque et le gouvernement espagnol est engagée à Alger en janvier 1989. L'ETA vient de déclarer, le 8 janvier, une trêve de quinze jours, prolongée deux fois de deux mois.
Une délégation du gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez et une délégation de l'ETA se réunissent dans la capitale algérienne le 25 janvier. Quatre autres face-à-face suivent: le 14 et le 20 février, puis le 14 et 22 mars.

Les débats tourneront courts : l'ETA, qui vient de commettre son attentat le plus meurtrier, en juin 1987, dans le centre commercial Hipercor à Barcelone (21 morts), formule des exigences jugées inacceptables par le gouvernement : elle réclame notamment l’intégration aux débats de plusieurs dirigeants emprisonnés en France, dont Josu Ternera, considéré comme l'actuel chef de l'organisation armée.
Les conversations sont rompues le 4 avril 1989. Le 12 avril, un sergent de la Garde Civile (gendarmerie) est assassiné dans la banlieue de Bilbao (Pays Basque).
   
Deuxième tentative


Le gouvernement espagnol rencontre une nouvelle fois l'ETA le 19 mai 1999 à Zurich, en Suisse. Le chef du gouvernement est le conservateur José Maria Aznar, qui dénomme publiquement l'ETA «Mouvement de libération nationale basque».
La prise de contact a lieu huit mois après l'annonce par l'ETA, le 16 septembre 1998, d'un cessez-le-feu suivant la signature du pacte de Lizarra entre les partis nationalistes basques PNV, EA et HB (l'actuelle Batasuna). Ce pacte tenu secret prônait une solution politique du conflit basque et des négociations sur la souveraineté du Pays Basque.

Les contacts à Zurich sont stériles et l'ETA, qui voulait négocier le regroupement des prisonniers et des libérations anticipées, annonce le 28 novembre 1999 la rupture de son cessez-le-feu. L'organisation justifie sa décision en accusant le PNV et EA de ne pas avoir défendu le pacte de Lizarra.
Un nouvel attentat mortel suivra, le 21 janvier 2000, avec l'assassinat à la voiture piégée d'un militaire à Madrid.
   
Dernière ébauche de discussion

Le nouveau chef du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, fait de la question basque une priorité de son mandat. Le 29 juin, il annonce des discussions avec l'ETA, après que celle-ci ait décrété un «cessez-le-feu permanent» le 22 mars.

Les discussions, prévues pour l'été, n'ont jamais vraiment débuté en dépit d'une rencontre à la mi-décembre entre les deux parties, non confirmée officiellement.
Le 30 décembre, l'ETA revendique un attentat à la voiture piégée dans un parking de l'aéroport de Madrid dans lequel périssent deux Equatoriens.
Avec AFP
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