Le virus Ebola. Crédit: Frederick Murphy/CDC via AP
Le virus Ebola. Crédit: Frederick Murphy/CDC via AP - Frederick Murphy/AP/SIPA

Un espoir de plus. Des virologues ont découvert une protéine qualifiée de talon d’Achille du virus Ebola. Selon leurs travaux publiés ce mardi, cette avancée pourrait offrir une protection totale contre l’infection. La récente épidémie en Afrique a touché 26 000 personnes, et plus de 10 900 en sont mortes en Guinée, Liberia et Sierra Leone.

L’étude, effectuée sur des souris, a permis d’identifier une sorte de « verrou moléculaire » empêchant le virus de pénétrer à l’intérieur des cellules, ont précisé ces chercheurs, dont les conclusions sont publiées dans la revue américaine mBio de l’American Society of Microbiology (lien en anglais).

Selon eux, le virus ne peut infecter l’organisme sans s’attacher à cette protéine appelée Niemann-Pick C1 (NPC1), qui se trouve à l’intérieur des cellules immunitaires. Sans elle, Ebola ne peut se répliquer.

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« Idéalement, de futures études sur des humains à partir du résultat des travaux sur les souris aboutiront au développement d’antiviraux capables de cibler efficacement la protéine NPC1 », a espéré Kartik Chandran, professeur adjoint de microbiologie et d’immunologie à la faculté de médecine Yeshiva à New York, l’un des auteurs de la découverte. Cela permettrait d’empêcher l’infection par Ebola, « mais aussi par d’autres filovirus comme Marburg qui sont très pathogènes et ont également besoin de NPC1 pour se multiplier ».

Un impact sur le cholestérol

L’étude sur les animaux visait à confirmer que la protéine NPC1 jouait bien un rôle clé dans l’infection par le virus Ebola. Mais elle est également importante pour transporter le cholestérol dans les cellules, ont relevé ces scientifiques. Les personnes qui, du fait d’une anomalie génétique, ne produisent pas cette protéine souffrent d’un trouble neurodégénératif mortel appelé maladie de Niemann-Pick. Leurs cellules sont obstruées par une accumulation de cholestérol.

Même si un traitement bloquant l’accès du virus Ebola à la protéine NPC1 empêcherait aussi l’acheminement normal du cholestérol dans les cellules, « les malades infectés devraient bien le tolérer car il serait seulement de courte durée », a relevé Andrew Herbert, un virologue de l’U.S. Army Medical Research Institute of Infectious Diseases (USAMRIID) et coauteur de l’étude.

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