Après Céline et Eric, les trois otages afghans libérés

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Publié le 27 mai 2007.

HUMANITAIRE - Les employés de l'ONG française Terre d'enfance étaient retenus depuis deux mois...

Les talibans ont annoncé dimanche avoir relâché "sans compensation" les trois accompagnateurs afghans des deux ex-otages français de l'ONG Terre d'enfance, après presque deux mois de captivité dans le sud de l'Afghanistan. "Notre conseil de direction a décidé de les libérer. Ils ont été libérés hier" (samedi), a déclaré par téléphone à l'AFP Zabiullah Mujahed, un porte-parole des talibans.

Hazrat, Hashem et Ghulam ont été relâchés "sans compensation à la demande de la nation souffrante d'Afghanistan" dans la province de Nimroz (sud-ouest) où ils avaient été enlevés le 3 avril avec deux employés de l'ONG Terre d'enfance, Céline Cordelier et Eric Damfreville, tous deux libérés depuis, selon le site internet des talibans.

Nicolas Sarkozy a annoncé se réjouir de la nouvelle.    "Il remercie tous ceux qui ont oeuvré pour que les trois accompagnateurs afghans de l'ONG Terre d'Enfance retrouvent la liberté", indique un communiqué de l'Elysée.

Le chef de la police de Nimroz, Mohammad Daoud Askaryar, a déclaré à l'AFP avoir été informé de cette libération par les familles des trois ex-otages. "Les familles des trois otages afghans nous ont confirmé que les trois hommes étaient rentrés chez eux sains et saufs, a-t-il dit. L'ambassade de France à Kaboul s'est refusée à tout commentaire.

Aucune force internationale n'est déployée dans le Nimroz, à la frontière avec l'Iran et limitrophe de la province d'Helmand, une région en grande partie contrôlée par les rebelles où des combats se déroulent quotidiennement.

Céline Cordelier avait été libérée le 28 avril et Eric Damfreville le 11 mai dans le sud de l'Afghanistan. La libération de ce dernier avait coïncidé avec la mort du mollah Dadullah, commandant en chef des talibans pour tout le sud du pays.

Dadullah avait notamment supervisé la prise d'otages du reporter italien Daniele Mastrogiacomo. Après deux semaines de captivité, ce dernier avait été libéré le 19 mars contre cinq talibans prisonniers, un échange d'autant plus contesté que les deux guides afghans de l'Italien ont eux été exécutés.

Les médias afghans avaient accusé les autorités afghanes et italiennes, mais aussi les talibans, d'accorder plus de valeur à la vie d'un étranger qu'à celle d'un Afghan. Ils craignaient en outre que cet échange ne constitue un précédent qui incite les talibans à multiplier les enlèvements. Peu après cet échange, les deux Français et leurs guides avaient été enlevés dans le sud du pays, où très peu d'organisations humanitaires sont implantées pour des raisons de sécurité.

Les talibans avaient alors réclamé le retrait des troupes françaises d'Afghanistan et un échange de prisonniers contre la libération des Français. Mais selon un porte-parole des talibans, les rebelles avaient cependant décidé de libérer Eric Damfreville parce que le président élu Nicolas Sarkozy avait laissé entendre que la France pourrait retirer ses troupes d'Afghanistan. Un millier de soldats français sont déployés dans la région de Kaboul.

Nicolas Sarkozy avait assuré qu'il "mettrait tout en oeuvre" pour la libération des trois Afghans après celle d'Eric Damfreville. Le ministère français des Affaires étrangères avait refusé de faire tout commentaire sur l'éventuel versement d'une rançon aux ravisseurs pour la libération du Français.

Les talibans, un mouvement intégriste au pouvoir de 1996 à 2001, retiendraient par ailleurs encore plusieurs otages afghans dans le sud de l'Afghanistan, dont une équipe médicale de cinq personnes enlevée fin mars près de Kandahar.
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