G8 - Le projet de communiqué final est bloqué par les Etats-Unis qui refusent des objectifs chiffrés de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre...
Les négociations entre les pays du G8 en vue d'une déclaration commune sur le réchauffement climatique pendant leur sommet de juin, se heurtent à nouveau à l'opposition des Etats-Unis. Ces derniers refusent toujours des objectifs chiffrés de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Selon le
Financial Times et
Greenpeace qui en ont eu connaissance, les autorités américaines ont accusé Berlin dans une «lettre très dure» [
PDF sur le blog de Greenpeace] d’ignorer «les sérieuses inquiétudes de fond à propos de ce projet de déclaration». «Nous avons essayé d'être conciliants, mais c'est le plus loin où nous puissions aller étant donné notre opposition de fond à la position allemande», ajoute ce texte des négociateurs américains qui serait daté selon Greenpeace du 14 mai.
«Le passage sur le changement climatique va à l'encontre de notre position générale et franchit de multiples “ lignes rouges”, sur des points que nous ne pouvons tout simplement pas approuver», ajoutent les émissaires des Etats-Unis, qui proposent ensuite leur propre version amendée de la déclaration.
Angela Merkel, la chancelière allemande hôtesse du sommet prévu à Heiligendamm (nord-est) du 6 au 8 juin, souhaiterait que les huit pays les plus riches acceptent de limiter des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de ramener l'augmentation de la température mondiale de 3,6 degrés au XXIe siècle, comme le préconisent
les experts internationaux du Giec.
Les Etats-Unis estiment qu’il faut combattre le changement climatique grâce au progrès technologique au lieu de fixer des objectifs contraignants d’émissions de GES. Selon le
Washington Post [Inscription gratuite], Bush se serait refusé à lancer un appel aux pays du G8 pour améliorer leur efficacité énergétique de 20% d'ici à 2020.
Selon les observateurs, ce clash confirme qu’un accord sur le climat n’est désormais plus possible à ce sommet, en dépit des mois d’efforts diplomatiques menées par Berlin. «Les Etats-Unis refusent de tenir compte du dernier rapport du Giec», le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, s'indignait cette semaine une source diplomatique européenne associée aux négociations.
«Je n'ai jamais vu lors des grandes négociations internationales sur le climat une si totale divergence de vue. Le document trahit un désaccord fondamental entre l'UE et les positions de l'administration», a dit à l’AFP Phil Clapp, président du National Environment Trust, basé à Washington.
Washington ne parle toutefois pas pour l'instant d'échec: «Nous ne voulons pas commenter les discussions en cours», a affirmé une porte-parole de la Maison Blanche.
JH