L’affaire du Rainbow Warrior rebondit aux Etats-Unis

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Publié le 25 mai 2007.

ESPIONNAGE – L’agent français chargé d’organiser l’attentat serait aujourd’hui marchant d’armes pour le gouvernement américain…

L’agent chargé de la «neutralisation» du Rainbow Warrior coulerait des jours paisibles aux Etats-Unis après sa reconversion dans… la vente d’armes au gouvernement américain, révèle vendredi le quotidien britannique «The Guardian».
Louis-Pierre Dillais travaillerait désormais pour FN Herstal, une société belge qui aurait pour client le FBI, le Pentagone et le Département de la sécurité intérieure des Etats-Unis, selon le journal.

Contacté par 20minutes.fr, Yannick Jadot, directeur de campagne de Greenpeace France, assure que cette histoire est désormais «un problème américano-américain». « En ce qui concerne Dillais, Greenpeace  USA a pris le relais. Depuis qu’il a reconnu sur la télévision néo-zélandaise son implication dans le sabotage, en 2005, il devrait en théorie être expulsé du territoire américain. C’est ce que réclame Greenpeace USA depuis juin 2005. Greenpeace France n’a pas poursuivi Dillais en justice car pour nous, le seul responsable est l’Etat français», explique-t-il.

«Opération Satanique»

Retour sur un sabotage qui a fait scandale. Juillet 1985. Le Rainbow Warrior mouille à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Il prévoit de se rendre sur l’atoll de Mururoa pour protester contre les essais nucléaires français et gêner leur déroulement. François Mitterrand, alors président de la République, dépêche la DGSE sur place pour contrarier les plans de Greenpeace. L’«opération satanique» peut commencer : il s’agit de saboter le navire pour le neutraliser. Fernando Pereira, photographe néerlandais d’origine portugaise, perdra la vie dans cet attentat.

Un an plus tard, la France présente ses excuses officielles à la Nouvelle-Zélande et doit lui verser sept millions de dollars de dommages et intérêts. Les deux agents qui ont placés la charge explosive sur le navire, confondus par leurs empreintes digitales deux jours après l’attentat et condamnés à 10 ans de prison pour homicide involontaire, sont rapatriés en France en décembre 1987 puis en mai 1988. Ils seront ensuite rapidement libérés.
Sandrine Cochard
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